Agriculture – Pêche

Île de Ré : deux sauniers guinéens viennent découvrir le savoir-faire rétais

Par Jules de Kiss, France Bleu La Rochelle et France Bleu dimanche 13 août 2017 à 23:08

Abdoulaye Keita et Oumar Sylla tirent du sel sur un marais salant à Saint-Clément-des-Baleines
Abdoulaye Keita et Oumar Sylla tirent du sel sur un marais salant à Saint-Clément-des-Baleines © Radio France - Jules de Kiss

Deux sauniers de Boffa en Guinée passent deux semaines sur l'Île de Ré pour se former aux techniques de production rétaises. Un échange de connaissances dans le cadre du programme Charente-Maritime coopération qui depuis 25 ans mène des actions en Guinée, dont la côte ressemble beaucoup à la nôtre.

Peut-être l'ignorez vous, mais la côte de Charente-Maritime ressemble beaucoup au rivage de Guinée en Afrique de l'Ouest. On y retrouve une terre très plate et marécageuse, idéale pour y produire du sel. "Les paysages sont pareils, on retrouve les mêmes plaines, explique Oumar Sylla, l'un des deux sauniers de Boffa présent sur l'Île de Ré du 6 au 18 août. Mais peut-être que l'aménagement diffère, chez nous on ne trouve pas ces grosses bosses, ces grosses digues".

Récolte sur bâches en Guinée, sur argile en France

Les premiers sauniers guinéens sont apparus il y a bien longtemps, mais leurs marais y sont moins bien aménagés.

La grande différence dans les méthodes de production se fait a la dernière étape. "A Boffa le sel est ramassé à sec, sur des bâches en plastique", précise Abdoulaye Keita, alors qu'en France il l'est dans l'eau à même l'argile. Ces bâches coûtent très cher aux producteurs africains, jusqu'à 40% de leur coût. Le but de ce stage est donc de trouver des techniques permettant de s'en passer, tout en préservant une couleur du sel très blanche - en France le sel artisanal est gris, impérative pour le marché guinéen. Cela passe par des gestes techniques précis dans le tirage du sel que leur enseigne Louis Merlin, saunier à Saint-Clément-des-Baleines qui dirige le programme sel solaire de Charente-Maritime coopération, qui depuis 25 ans mène des actions en Guinée.

La Guinée, un très fort potentiel pour le sel solaire

Pour le saunier français, la Guinée a un potentiel exceptionnel : "La quasi-totalité de la côte est argilo-vaseuse et donc idéale pour installer des marais salants", explique-t-il. De plus, le pays bénéficie d'un climat très favorable ajoute-t-il : "A partir de fin janvier jusqu'à mi-mai il n'y pas de pluie ce qui permet une période de production presque non-stop, les évaporations y sont plus importantes que celles qu'on peut avoir. Leur rendement est déjà bien meilleur que le nôtre, mais avec les bonnes techniques ils pourraient sûrement produire encore plus".