Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Agriculture – Pêche

Ils créent une ferme urbaine à Orléans

jeudi 31 août 2017 à 6:00 Par Anne Oger, France Bleu Orléans

C'est un concept qui se développe dans les grandes villes, sous des formes très différentes : une ferme urbaine vient de voir le jour à Orléans, dans le quartier pavillonnaire de la Barrière Saint Marc. Les fondateurs espèrent ouvrir un magasin et un drive bio au printemps prochain

La ferme urbaine de la Barrière Saint Marc à Orléans une affaire de famille : les Barnoux
La ferme urbaine de la Barrière Saint Marc à Orléans une affaire de famille : les Barnoux © Radio France - Anne Oger

Orléans, France

C'est une petite parcelle de terre, entre les pavillons de la Barrière Saint Marc et la rue du Coin Rond, à Orléans. Une petite serre sous laquelle poussent des tomates, des aubergines, des poivrons, tout ça au milieu des fleurs, c'est un peu la marque de fabrique de Louis Fernandez, qui cultive ces 1500 mètres de terrain au milieu de ce quartier très urbanisé. "Certaines fleurs protègent nos légumes des maladies, par exemple l'oeillet d'Inde permet de réguler la population de nématodes, ces petits vers qui colonisent nos cultures. Ici on voit donc les poivrons, les tomates, les aubergines, au milieu d'une espère ce jungle avec de la bourrache, des capucines, des soucis. Des plantes qui les protègent. Et puis c'est joli et je fais partie de ceux qui pensent que cela aide les légumes à mieux pousser".

La jolie serre de Louis Fernandez sur la ferme urbaine de la Barrière Saint Marc à Orléans - Radio France
La jolie serre de Louis Fernandez sur la ferme urbaine de la Barrière Saint Marc à Orléans © Radio France - Anne Oger

On a fait face à beaucoup de promoteurs, qui avaient des projets sur le quartier, mais on a lutté. Ma famille a toujours refusé de leur vendre sa terre

Pour Louis Fernandez, c'est une première récolte, le jeune homme sort d'une démarche de reconversion en agriculture biologique. C'est lui que la famille Barnoux a choisi pour mener à bien son projet : une ferme urbaine, en agriculture biologique, plutôt que de nouveaux immeubles dans ce quartier déjà très urbanisé. Un projet très lié à l'histoire familiale : "ici c'était la ferme de mon grand-père, qui cultivait de la vigne, et notamment du gris-meunier" explique Yves Barnoux, le père. "Il a construit cette maison en 1931, ensuite mes parents ont planté des vergers. Depuis qu'ils ont cessé leur activité, dans les années 90, la parcelle est en friche. Mais pour nous, il n'était pas question de la vendre à des promoteurs. On était un peu les irréductibles gaulois du quartier". Un combat repris par son fils Alexis : "beaucoup de projets ont été envisagés, mais on a lutté, on pense que le maraîchage bio c'est mieux que des immeubles, on ne mettra jamais d'immeubles à la place des carottes". Pour cela il faut quand même s'assurera du classement de cette parcelle en zone agricole, et la rendre inconstructible. C'est le prochain combat des Barnoux, sur un volet plus politique cette fois, car il faut convaincre la ville d'Orléans.

La ferme de la Barrière Saint Marc se situe au 9ter rue du Coin Rond - Aucun(e)
La ferme de la Barrière Saint Marc se situe au 9ter rue du Coin Rond - Capture d'écran google maps

Un magasin pour la vente des légumes, et un drive au printemps prochain

En attendant le projet avance : une première récolte qui permet de proposer les légumes du jour en vente directe, aux habitants du quartier. Un petit panneau écrit à la main dresse chaque jour la liste des légumes disponibles. "Il y a des gens qui s'arrêtent, qui nous disent qu'ils vont revenir, ils sont surpris". Fin juin l'équipe de la ferme urbaine a invité les riverains, pour expliquer son projet. L'accueil a été bon. "On reçoit la visite parfois des retraités du quartier, qui proposent de nous aider" confie Yves Barnoux. "Et on espère pouvoir accueillir un jour des écoles, des groupes". L'objectif, surtout, c'est de transformer la maison du grand-père en magasin, au printemps prochain. Pour vendre les légumes du jardin, mais aussi des produits locaux, en bio. "Et puis on va créer un site internet et faire du drive", explique Alexis Barnoux. Lui travaille loin de l'agriculture, il est dans l'informatique, comme son père. "Cela correspond au mode de vie des consommateurs, ils pourront commander sur internet et venir chercher leurs paniers".

"Cette récolte et la vente qui commence tout juste c'est la première étape du projet"

L'agriculture en ville apporte peut-être une biodiversité différente et plus variée qu'à la campagne parce que les gens ont des potagers, des jardins

Le concept de ferme urbaine, ça n'est pas tout à fait nouveau, beaucoup de grandes villes voient se développer ce genre de projet actuellement. Toulouse, Paris, Genève, avec des concepts parfois très innovants. Cela correspond à une volonté : préserver une partie de terres agricoles en milieu urbain. "Et il semble que finalement, la ville soit plutôt intéressante en terme de biodiversité" se réjouit Louis Fernandez. "Parce que les gens ont des jardins, des potagers, ils plantent des fleurs, des légumes, il y a presque plus de variété qu'à la campagne. Où l'on peut se retrouver à côté d'une parcelle pleine de pesticides". Louis doit quand même s'adapter à l'environnement. Il travaille une terre très sablonneuse, et l'arrosage risquait de s'avérer coûteux. Il a donc imaginé tout un système d'irrigation. Qui semble pour l'instant porter ses fruits... ou ses légumes, en l'occurrence.

L'agriculture urbaine, une utopie ?

A Orléans Métropole on s'étonne un peu de ce projet totalement privé. Laurent Baude, le vice-président en charge de l'agriculture urbaine assure qu'il n'en avait jamais entendu parler, "mais c'est un projet intéressant et si on peut les accompagner on le fera". Le maire de Semoy, qui accueille par ailleurs depuis 3 ans sur sa commune un agriculteur bio, précise quand même il ne s'agit pas à proprement parler d'une "ferme urbaine" : "c'est un concept très précis, qui obéit à des règles bien établies, autour du lien social, du partage, du travail en réseau, autour de l'innovation également. Disons que c'est une ferme bio en ville, mais c'est déjà bien". L'agriculture en ville et la préservation des terres agricoles, c'est un enjeu majeur selon Laurent Baude, avec en ligne de mire la question de l'autosuffisance alimentaire, même si cela paraît encore très utopique. Les spécialistes estiment qu'il faut environ 50 mètres carrés pour nourrir une personne. Il faudrait donc à Orléans 575 hectares de maraîchage pour nourrir les 115 000 habitants de la ville-centre. "Mais les projets de ferme urbaine d'aujourd'hui sont beaucoup moins gourmands en terme de surface et de consommation d'énergie, on travaille sur la verticalité, les circuits fermés, donc non ça n'est pas aussi utopique que cela" assure Laurent Baude. "On espère lancer une étude bientôt sur un projet de ce genre à Orléans". Aujourd'hui les 22 communes de l'agglomération comptent 10 000 hectares de zones agricoles, c'est un tiers de la surface totale de la métropole. Des projets de maraîchage bio sont lancés à Saint Jean de Braye, à Saran, d'autres sont à l'étude à Olivet, Saint Hilaire Saint Mesmin, Bou.

Retrouvez ici le blog de la ferme urbaine d'Orléans