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Incendies au Pays Basque : les écobuages légitimés malgré la polémique

Une semaine après les violents incendies qui ont ravagé 800 hectares au Pays Basque nord, le préfet des Pyrénées-Atlantiques soutenu par la Chambre d'Agriculture et le président de l'assemblée départementale des élus de montagne a tenu à défendre les écobuages montrés du doigt par certains.

Pratique d'écobuage au pays basque
Pratique d'écobuage au pays basque © Radio France - Valérie Menut

Les incendies qui ont parcouru environ 800 hectares au pays basque nord, en Soule (Aussurucq, Licq-Athérey) et surtout sur La Rhune et Xoldokogaina, ne sont pas liés à des écobuages. Le préfet des Pyrénées-Atlantiques a tenu à réaffirmer, ce vendredi 26 février, ce qu'avaient déjà déclaré les maires des communes impactées dans la semaine.

"L'écobuage est nécessaire"

Eric Spitz a rappelé que l'un des feux est venu d'Espagne, où il a parcouru près de 1400 hectares, et pour les autres "il s'agit soit d'écobuages sauvages, soit d'incendies criminels". Les enquêtes de gendarmerie sont en cours. Mais rien ne dit à ce stade que ce sont des agriculteurs qui ont mis le feu assure le représentant de l'Etat pour lequel _"_il ne faut pas jeter l'opprobre sur l'ensemble de la profession qui travaille de mieux en mieux avec nous".

« L’écobuage est nécessaire, poursuit le préfet, c’est une pratique ancestrale qui permet d’entretenir nos paysages et il est de mieux en mieux encadré. » Une affirmation que contredit Jenofa Cuisset, la présidente de l'association Su Aski qui dénonce les abus des écobuages tels que pratiqués aujourd'hui : "ce que faisaient les anciens n'avait strictement rien à voir avec ça. On brûlait des petites surfaces, pas forcément de manière annuelle, cela pouvait être tous les 2, 3, voire 4 ans. On était sur place avec des pelles, de l'eau (...) On ne brûlait pas la montagne entière, comme cela se fait à l'heure actuelle."

"On brûle pour brûler"

Pour Su Aski, la logique est désormais financière, "on brûle pour brûler" pour bénéficier de la prime à l'herbe dans le cadre de la Politique Agricole Commune de l'Union Européenne accuse Jenofa Cuisset, selon laquelle les feux sont pratiqués sur des terrains qui ont été abandonnés depuis longtemps par le bétail en pâturage et n'ont donc plus d'utilité réelle.

Pourtant, selon le député Jean Lassalle, président de l'association départementale des élus de montagne compétente en matière d'écobuage, cette pratique "tolérance du préfet compte tenu des énormes surfaces qu'il nous faut entretenir", est indispensable. Sans eux, "ça en serait fini du pastoralisme, mais aussi d'une certaine idée d'un tourisme qui va être de plus en plus amené à se développer à travers nos montagnes. Il faut qu'elles restent verdoyantes, au lieu d'être des ronces, des futaies ou même des forêts."

L'organisation exemplaire dans le département ?

Primordial également pour prévenir les incendies de l'été affirment les représentants de la Chambre d'Agriculture des Pyrénées-Atlantiques. Et ce n'est pas tout, d'après "une étude que nous menons actuellement, affirme son président Bernard Layre, cela semble avoir un impact positif sur la biodiversité." Affirmation qui fait sourire (jaune) la présidente de Su Aski.

Quant à savoir si les écobuages, qui doivent être obligatoirement déclarés en mairie et autorisés par elle et par les pompiers, sont dangereux : cela "se passe très bien quand les commissions locales sont réunies," affirme Bernard Layre. Ces organes, sous la houlette de la Chambre d'Agriculture, de l'association des élus de montagne et de la préfecture, réunissent la mairie et les acteurs locaux de terrain. "Il y a des gens formés, responsables, et on voit que lorsque les conditions météorologiques se dégradent ils arrêtent les feux de leur propre chef pour éviter qu'il y ait le moindre risque." Pour Jean Lassalle, "nous sommes un exemple d'organisation au plan national."

Encore des lacunes

D'ailleurs, selon le préfet, sur 600 feux déclarés cette semaine dont 235 jeudi, 2 seulement ont dérapé et ont été rapidement maîtrisés par les pompiers. Des arguments qui ne convaincs pas Su Aski, dont les membres auraient observé à plusieurs reprises ces dernières années des feux laissés sans surveillance par leurs auteurs qui ne respecteraient pas les mesures de sécurité, faisant courir des risques à la végétation mais aussi aux personnes.

Du côté des institutionnels, on concède seulement que les feux sont moins bien maîtrisés quand les commissions locales d'écobuage n'existent pas. Si elles sont en effet très présentes en Béarn et en Soule, elles sont quasiment absentes en Basse-Navarre et en Labourd, à proximité de la côte, là même où les incendies du week-end dernier ont fait des ravages. "Nous allons travailler à les (les communes basques) faire fonctionner avec nous", promet Jean Lassalle. Le préfet de son côté concède qu'il faut aussi faire des efforts en Soule où il y a trop de feux en même temps

Pas un mot en revanche sur l'impact de ces écobuages sur la pollution atmosphérique, pourtant un des grands chantiers de la France dans le cadre de ses engagements pour la réduction de son bilan carbone. On notera simplement qu'ils sont interdits par arrêté préfectoral en cas d'alerte rouge à la pollution de l'air.

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