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Agriculture – Pêche

Indre-et-Loire : Encore des freins aux produits locaux dans les cantines scolaires

mardi 9 octobre 2018 à 21:23 Par Pierre-Antoine Lefort, France Bleu Touraine

D'ici 2022, 50% des aliments servis dans les cantines scolaires devront être issus de l'agriculture biologique et des circuits courts. Pour certains producteurs tourangeaux, il y a encore du chemin à faire avant de pouvoir répondre à cet objectif.

D'ici 2022, dans les cantines scolaires, 50% des aliments devront être issus de l'agriculture biologique ou des circuits courts.
D'ici 2022, dans les cantines scolaires, 50% des aliments devront être issus de l'agriculture biologique ou des circuits courts. © Maxppp - Marc Demeure/PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

Indre-et-Loire, France

Comment donner de bonnes habitudes alimentaires à nos enfants ? C'est l'objectif de la semaine du goût, qui se déroule jusqu'au 14 octobre dans tous les établissements scolaires de France. Le "bien manger", ou le "mieux manger", cela passe aussi par les circuits courts : un produit tout juste récolté et frais dans l'assiette conserve ses bienfaits. 

Les députés français ont d'ailleurs voté un projet de loi au printemps dernier. Il prévoit qu'à l'horizon 2022, 50% des aliments proposés dans les cantines soient issus de productions locales ou d'agriculture biologique. 

Avoir la tête du producteur sur l'étiquette, cela a un côté rassurant."

Ce voeu pieux offre de belles opportunités aux producteurs tourangeaux. La laiterie de Viviane Maurice, à Neuilly-le-Brignon par exemple, réalise 60% de son chiffre d'affaires auprès des collectivités, que ce soient les écoles ou les Ehpad, grâce à la distribution de lait et de yaourts. "Il y a vraiment une recherche de la part des cuisiniers aujourd'hui de trouver des produits locaux et de qualité", explique la fromagère, qui fournit une centaine d'établissements. "Avoir la tête du producteur sur l'étiquette, cela a un côté rassurant."

Des prix encore élevés par rapport aux industriels

Mais pour certains producteurs, il est encore difficile de se tailler une part du gâteau face aux industriels, dont les tarifs sont extrêmement compétitifs. "Si on veut un produit local qui n'est pas fait à grande échelle, les coûts de production ne seront pas les mêmes et les coûts d'achat non plus. Il faut trouver un bon équilibre", reconnait Julien Garnier, de la charcuterie Hardouin, installée à Vouvray. Le charcutier est actuellement en discussion avec certaines collectivités, mais aucun contrat n'a pour l'instant été passé. 

Vincent Cailleau, de la ferme de la Faubonnière, à Chemery dans le Loir-et-Cher, exporte ses volailles haut de gamme dans toute la région. Mais il ne réalise que 5% de son chiffre d'affaires avec les collectivités. Encore moins avec les écoles. "Par rapport aux appels d'offres, _cela ne passe pas forcément au niveau du budget_", explique celui qui élève notamment des canards gras. Il regrette des tarifs de cantine trop peu élevés.  "On est toujours à tirer les prix vers le bas, si on met un ou deux euros de plus par repas, cela ne fera pas un trou dans le budget des ménages. "

Vendre en gros pour être plus compétitif 

Une des solutions pour faire baisser les prix de la production locale, emprunter les même méthodes que les industriels : vendre en gros. C'est ce que fait la Laiterie de Verneuil à Verneuil-sur-Indre. En passant par un grossiste, la coopérative fait chuter les coûts de transports et est plus compétitive. "Par exemple, avec un des acteurs, nous allons lui livrer chaque semaine un semi remorque de lait, soit près de 25 000 litres, détaille Fernand Vieira Da Silva, le commercial. Lui, avec la marchandise qu'il livre déjà, il va mettre dix ou 20 packs de litres de lait." La Laiterie de Verneuil réussit à faire un tiers de son chiffre d'affaires avec les collectivités. 

En septembre 2017, la région Centre-Val de Loire s'était engagée à atteindre les 40% de produits locaux dans les cantines des lycées, dont 20% de bio. A Chambray-les-Tours, la Mairie a même décidé d'aller plus loin, en ne servant que des repas issus de l'agriculture bio aux 850 collégiens de la commune. Aujourd'hui, 80% des aliments aliments le sont avec l'objectif d'atteindre les 100% d'ici trois ans