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Indre : "Les phytosanitaires sont là pour soigner et protéger les plantes", se défend un syndicat agricole

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Par , France Bleu Berry

Depuis le 1er janvier, les agriculteurs doivent respecter des zones de non-traitement de 3, 5 ou 10 mètres autour des habitations. Dans l'Indre, la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, réclame le retrait de ce décret et défend le rôle de certains produits chimiques.

Illustration d'épandage
Illustration d'épandage © Maxppp - Claude PRIGENT/PHOTOPQR/LE TELEGRAMME

"Il faut savoir que ces produits phytosanitaires - j'insiste, phytosanitaires et non pas pesticides - sont là pour protéger et soigner nos plantes", se défend Maguelonne de Sèze, représentante de la Coordination rurale dans l'Indre. Le deuxième syndicat agricole au niveau national réclame la suspension du décret qui met en place des ZNT, des zones de non-traitement à 3, 5 ou 10 mètres des habitations. 

"C'est un nouveau coup dur pour notre profession"

"Il y aura des parcelles incultivables, prises dans une surface très urbanisée. Elles seront inexploitables et nous continuerons à payer un fermage, un loyer, dessus", explique Maguelonne de Sèze, également éleveuse d'ovins près d'Issoudun et élue à la chambre d'agriculture de l'Indre. "Alors que beaucoup d'exploitants ont du mal à vivre de leur travail, c'est un nouveau coup dur pour notre profession". En outre, "ça va réduire la surface cultivée, donc la production française, donc il faudra importer des pays tiers qui n'ont pas du tout autant d'exigences que la France en matière de produits chimiques."

"Si on veut se passer de chimique, alors supprimons aussi les médicaments, soyons cohérents..."

Le fond du problème, selon le syndicat, c'est la tendance "anti-pesticides" qui a émergé depuis quelques années. "Dans les années 50, 60, quand il n'y avait pas de pesticides, on trouvait encore de l'ergot dans le blé, un petit champignon toxique. Des gens mouraient parce qu'ils mangeaient du blé qui n'avait pas été traité !", affirme l'agricultrice. Aujourd'hui, les phytosanitaires permettent de traiter de nombreuses maladies des plantes qui peuvent affecter la santé humaine. "Si on veut se passer de chimique, alors supprimons aussi les médicaments, soyons cohérents...", tance la porte-parole du syndicat.

"Les néo-ruraux ne connaissent pas tous les enjeux"

Le syndicat regrette de recevoir des leçons d'écologie parfois mal placées, de la part des "néo-ruraux", fraîchement installés : "Ce sont des gens qui viennent s'installer à la campagne, pour avoir une meilleure qualité de vie, mais ils ne connaissent pas tous les enjeux, ils ne s'investissent pas forcément dans la vie des communes... Alors que c'est quand même la ville qui vient à la campagne. Donc quand on s'installe, on sait qu'il y a des personnes qui travaillent autour."

Un point de vue irrecevable pour Jacques Lucbert, président de l'association Indre nature, qui milite pour la fin des pesticides. "On veut d'une part dire 'venez vous installer à la campagne, mais vous n'avez pas le droit de dire quelque chose' ? Ça veut dire que le point de vue des nouveaux habitants a moins de valeur que celui des paysans installés depuis X générations ?" Le débat est loin d'être tranché, mais il va compter dans les années futures : chaque année, 100 000 Français quittent les grandes villes pour s'installer à la campagne. 

Un passage en "tout-bio" est-il possible ?

L'une des options pour concilier agriculteurs et riverains ne serait-elle pas de convertir toute l'agriculture en bio ? Jacques Lucbert, qui a longtemps travaillé dans un organisme de recherche agricole, en est convaincu : "L'agriculture existe depuis 8000 ans, et les pesticides seulement depuis une cinquantaine d'années. Pendant des millénaires, on a fait sans ! Et par ailleurs, des études ont montré qu'on pouvait sans problèmes nourrir l'humanité entière en bio. À conditions de modifier l'alimentation générale de la population."

De son côté, la Coordination rurale demande à voir. Maguelonne de Sèze ne se dit pas opposée au passage en tout-bio : "Si vous voulez que toute l'agriculture française passe au bio, très bien ! Mais on aura pas de quoi nourrir toute la population. On ne peut pas mettre le bio à toutes les sauces, sur tous les territoires. Il faut fonctionner en complémentaire avec l'agriculture conventionnelle, et avec l'agro-écologie, qui se développe d'ailleurs dans l'Indre." La représentante de la Coordination rurale invite par ailleurs les habitants à venir rendre visite aux agriculteurs. "Nos fermes sont ouvertes, venez voir comment nous travaillons", propose-t-elle.

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