Agriculture – Pêche

Indre Nature part en guerre contre la chasse au blaireau

Par Sarah Tuchscherer, France Bleu Berry dimanche 11 septembre 2016 à 10:37

Le blaireau vit la nuit, dans de véritables villes souterraines.
Le blaireau vit la nuit, dans de véritables villes souterraines. © Maxppp - James Warwick

C'est le nouveau combat d'Indre Nature : la défense des blaireaux ! L'association écologiste a déposé un recours cet été contre l'allongement de la période de chasse. La méthode, la vénerie sous terre, est dans leur viseur.

Cette année, comme depuis des décennies, la préfecture de l'Indre a allongé, par arrêté, la période de chasse autorisée pour les blaireaux. En plus de la période générale commune à toutes les espèces (du 25 septembre 2016 au 28 février 2017), elle a ajouté les semaines du 1er au 31 juillet 2016 puis celles du 15 mai au 30 juin 2017. Ce calendrier a fait bondir l'association Indre Nature.

Une chasse injustifiée et cruelle

Pour son président, Jacques Lucbert, la chasse aux blaireaux n'est pas justifiée. Selon lui, la population est stable et les dégâts qu'elle cause peu importants. L'écologiste dénonce surtout les conditions dans lesquelles les blaireaux sont chassés : "la pratique du déterrage consiste à boucher les issues des terriers puis à creuser à la verticale jusqu'à la chambre où se trouvent les blaireaux qu'on extrait avec des pinces puis qu'on tue".

La chasse aux blaireaux, une pratique barbare selon Jacques Lucbert d'Indre Nature

Sensibilité urbaine VS réalité rurale ? 

Les partisans de la chasse aux blaireaux contestent ces arguments. Pour eux, l'espèce prolifère et ses dégâts sont conséquents dans les champs de maïs mais aussi pour les sols qui seraient fragilisés par les terriers. Christian Ledoux de l'Association de gestion et de régulation des prédateurs de l'Indre estime que la question de la méthode ne se pose pas, puisque c'est la seule qui permet de réduire le nombre de blaireaux.

La chasse sous terre, seule méthode pour éviter la prolifération de l'espèce pour Christian Ledoux, de la fédération de chasse de l'Indre

Il est difficile de quantifier les blaireaux vivant dans l'Indre. Les seules données qui existent sont partielles. La vingtaine d'équipages de veneurs sous terre actifs dans l'Indre en ont abattu 500 l'an passé.

La justice n'a pas encore tranché

Saisi en référé cet été, le tribunal administratif de Châteauroux a maintenu les dates préfectorales. Mais le jugement portait plus sur la forme que sur le fond. Les défenseurs des blaireaux fondent désormais leurs espoirs sur un deuxième recours, également déposé cet été. Sa date d'examen n'a pas été fixée. Par ailleurs, Indre Nature lance un appel aux dons afin de financer cette démarche judiciaire.

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