Agriculture – Pêche

Inondations : 4 millions d'euros de perte pour les agriculteurs d'Île-de-France

Par Maxime Bacquié, France Bleu Paris Région et France Bleu mardi 2 août 2016 à 5:50

Les agriculteurs franciliens peuvent tout juste reprendre le travail dans les champs après les inondations du printemps. 220 exploitations ont été touchées. 1.500 hectares de terres inondés.
Les agriculteurs franciliens peuvent tout juste reprendre le travail dans les champs après les inondations du printemps. 220 exploitations ont été touchées. 1.500 hectares de terres inondés. © Radio France - Maxime Bacquié

Deux mois après les pluies diluviennes qui ont inondé plus de 1.500 hectares de terres agricoles en Île-de-France, les agriculteurs sortent à peine la tête de l'eau. En tout, 220 exploitations ont été touchées par ces inondations et le montant des pertes s'élève à quatre millions d'euros.

Entre fin mai et début juin, il est tombé en Île-de-France l'équivalent de la moitié des précipitations annuelles moyennes, soit environ 350 mm d'eau par m². Beaucoup trop pour être absorbée par des terres déjà gorgées d'eau. "J'avais 80 centimètres d'eau partout sur mes terres", se remémore Jean-Claude Guehennec, agriculteur au Mesnil-le-Roi, dans les Yvelines. Sur ses 32 hectares de terres agricoles, 30 étaient sous l'eau. 'J'avais jusqu'à 1m50 d'eau par endroit. Tout est rentré dans l'ordre seulement la semaine dernière". Lui qui cultive des fruits et légumes de saison, a tout perdu. "Tout a été noyé. Pommes de terre, salades, tomates, poireaux... On n'a rien pu sauver. Si je fais le compte, j'ai perdu 800.000 euros à cause de ces inondations".

Des rendements agricoles divisés par deux

Comme Jean-Claude Guehennec, de nombreux agriculteurs ont subi de grosses pertes au printemps. En tout, 220 exploitations agricoles de la région ont été touchées et la FRSEA (Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles) estime le montant total des pertes à quatre milliards d'euros. Parmi les cultures les plus touchées, on trouve le blé. Les rendement seront inférieurs de plus de 50 % à ceux des précédents étés.

"Sur 800.000 euros de perte, je vais toucher 40 ou 50.000 euros d'aide, pas plus"

Pour venir en aide aux agriculteurs, le Conseil Régional d'Île-de-France a débloqué 1 million d'euros. Les fiches de demande d'indemnisation viennent tout juste d'être envoyées. Mais certains agriculteurs ne vont quasiment rien touché. C'est le cas de Jean-Claude Guehennec. "Mes cultures ne sont pas assurables. Le seul moyen d'être indemnisé pour moi c'est que la calamité agricole soit reconnue". Ce qui est le cas depuis quelques jours dans quatre départements (Yvelines, Seine-et-Marne, Essonne et Val-de-Marne), dont celui de Jean-Claude. "Mais en gros je vais toucher un montant égal à 5 % de mes pertes. Sur 800.000 euros de manque à gagner, je vais recevoir 40 ou 50.000 euros, pas plus. Je me pose vraiment la question de continuer ou non l'exploitation."

"Nous devons être aidé, sinon on va se protéger nous-mêmes et on va mettre des digues partout" Jean-Claude Guehennec

Une réunion est prévue ce mardi à Auvernaux, dans l'Essonne, avec Xavier Belin, le président de la FNSEA, des élus des communes les plus touchées par ces inondations et des agriculteurs qui attendent que le montant de leur aide soit fixé. La question de l'entretien des cours d'eau sera également évoquée. "J'espère qu'on va enfin prendre la question au sérieux. Sinon on va se protéger nous-mêmes, et on va mettre des digues partout," râle Jean-Claude Guehennec.

Une cellule d'écoute pour les agriculteurs les plus en difficulté

Pour aider les agriculteurs les plus en difficulté, la FRSEA a également mis en place une cellule d'écoute, avec un numéro de téléphone (01.39.23.42.01) et une adresse mail (ecoute@ile-de-france.chambagri.fr).