Agriculture – Pêche

Isère : un blé de mauvaise qualité et une récolte en baisse

Par Clément Lacaton, France Bleu Isère samedi 6 août 2016 à 17:21

Chez Pascal Curnil, agriculteur à Bonnefamille, un tiers de la récolte n'est pas bonne
Chez Pascal Curnil, agriculteur à Bonnefamille, un tiers de la récolte n'est pas bonne © Radio France - Clément Lacaton

Un an après les éleveurs et les producteurs de lait, les céréaliers se trouvent à leur tour en difficulté : après un printemps humide, la récolte de blé est en baisse. Reportage à Bonnefamille dans le Nord-Isère.

Trop de pluie et pas assez de soleil. A peine les moissons de blé achevées, les agriculteurs s'attendent à la plus mauvaise récolte depuis 30 ans, avec des rendements en baisse de 30%, selon une estimation du ministère de l'Agriculture.

Le blé n'a pas pu gonfler comme il faut, avoir un bon poids, à cause du climat humide et froid du mois d'avril"

La production de blé pourrait être la pire depuis 30 ans - Aucun(e)
La production de blé pourrait être la pire depuis 30 ans - Visactu

Les intempéries du printemps en France, premier producteur européen, n'ont rien arrangé. Les agriculteurs étaient déjà confrontés à un marché défavorable : les pays de l'Est et les Etats-Unis produisent beaucoup, ce qui fait baisser les cours mondiaux.

Des grains trop petits

Et même si la situation n'est pas comparable avec les champs d'Ile-de-France (inondés en juin), les agriculteurs Isérois ne sont pas épargnés. Il y a de la résignation dans les yeux de Pascal Curnil, exploitant à Bonnefamille près de Villefontaine. Cette année, sur les 60 hectares de blé fraîchement moissonnés, un tiers est de mauvaise qualité... Un grain trop petit, "qui n'a pas pu gonfler comme il faut, avoir un bon poids, à cause du climat humide et froid du mois d'avril".

Chez Pascal Curnil, agriculteur à Bonnefamille, un tiers de la récolte - Radio France
Chez Pascal Curnil, agriculteur à Bonnefamille, un tiers de la récolte © Radio France - Clément Lacaton

Conséquence : du poids en moins à volume égal et un blé vendu moins cher. La double peine face à un marché déjà compliqué : "On peut s'attendre à des rémunérations qui ne dépasseront guère les 110 euros la tonne, or il faudrait un prix du blé autour de 180 euros pour y arriver..."

Quand on n'a pas de sous pour payer, on ne va pas les dépenser..."

Le gouvernement a décidé de soutenir les céréaliers avec un plan d'aide, des mesures fiscales, mais pas de quoi rassurer cet exploitant : "Une année blanche, c'est le report des charges que vous devez payer aux années d'après. Le gros point d'interrogation dans ces cas là c'est de savoir ce qu'on va récolter les années suivantes. Si l'on continue dans le même contexte que ces trois dernières années, avec peu de trésorerie qui rentre, des charges accumulées, on appelle ça 'reculer pour mieux sauter'. Quand on n'a pas de sous pour payer, on ne va pas les dépenser..."

Chez Pascal Curnil, agriculteur à Bonnefamille, un tiers de la récolte - Radio France
Chez Pascal Curnil, agriculteur à Bonnefamille, un tiers de la récolte © Radio France - Clément Lacaton

Impossible d'investir donc, et il constate amèrement que son blé n'est pas assez bon pour faire de la farine. Selon lui, il faut s'attendre à voir le prix du pain augmenter.

REPORTAGE FRANCE BLEU ISERE/CLEMENT LACATON

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