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Agriculture – Pêche

"Je n'ai jamais été aussi inquiet" : les craintes du président de la FDSEA Côte-d'Or

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Par , France Bleu Bourgogne

Il a beaucoup été question d'agribashing ce 17 mai à Varois-et-Chaignot, où la FDSEA de Côte-d'Or a tenu son assemblée générale. Sur la sellette, accusés de polluer à grands coups de pesticides, contraints de renoncer à certaines molécules, les agriculteurs se sentent incompris.

Fabrice Faivre, président de la FDSEA 21, inquiet et très remonté contre le ministre de l'Agriculture
Fabrice Faivre, président de la FDSEA 21, inquiet et très remonté contre le ministre de l'Agriculture © Radio France - Jacky PAGE

Varois-et-Chaignot, France

"C'est ma dixième assemblée générale, et je n'ai jamais été aussi inquiet". La phrase est de Fabrice Faivre, président de la FDSEA de Côte-d'Or, qui tenait hier son AG à Varois-et-Chaignot, sur le thème "l'agriculture, un atout pour la France". Le gros motif d'inquiétude, ce sont les champs de colza, où on ne maîtrise plus les insectes. Pour Fabrice Faivre, « c'est là qu’on mesure les conséquences des retraits de matières actives ou de traitements de semences », ceux qui restent autorisés n'étant pas efficaces pour combattre les ravageurs, grosse altise et méligèthe, qui s'en donnent à cœur joie.

Voilà qui est particulièrement préoccupant, quand on sait que le colza est la principale tête d’assolement dans le département, avec 55.000 hectares. L’inquiétude vaut aussi pour les 5 à 6000 hectares de moutarde. Sa culture avait été relancée en Côte-d’Or pour que les usines de condiment puissent utiliser une matière première locale, et non importée du Canada.

Le ministre de l'Agriculture traité d'imbécile

Fabrice Faivre a également eu l’occasion d’exprimer son opposition à la décision du maire de Dijon, François Rebsamen, d’interdire le glyphosate dans sa ville, cette mesure n’étant pas dit-il dans les attributions d’un maire. Le ministre de l’Agriculture lui-même en a pris pour son grade. Didier Guillaume a déclaré qu’à partir du moment où le glyphosate est classé probablement cancérogène, cela suffit pour décider d’en interdire l’usage. En visite dans la Drôme fin avril, il avait même estimé qu'il fallait en finir avec tous les pesticides.

« Il se dit sauveur de l’agriculture, et il nous dit qu’il faut en finir avec les pesticides, et revenir à l’agriculture de grand-papa», s’est emporté Fabrice Faivre, traitant le ministre de « pauvre imbécile ». A ces mots, les députés LREM Didier Martin et Fadila Khattabi, invités à l’AG, se sont levés, outrés, et se sont dirigés vers la sortie, déclarant qu’on pouvait ne pas être d’accord mais qu’on n’avait pas à proférer des insultes. Finalement, les parlementaires sont revenus s’asseoir, après des excuses présentées par Fabrice Faivre.

Soutien de l'universitaire Sylvie Brunel

Une autre personnalité invitée a pour sa part mis du baume au cœur des agriculteurs côte-d’oriens. Sylvie Brunel est géographe, économiste et écrivaine, elle enseigne à l'université Paris IV- Sorbonne. Auteure de plusieurs ouvrages, dont « Toutes ces idées qui nous gâchent la vie », elle bat en brèche les arguments des opposants aux pesticides. Pendant une quinzaine d’années, elle a travaillé pour des ONG, Médecins sans Frontières et Action contre la Faim, et pour elle, il faudra surtout songer à nourrir le monde en pleine expansion démographique. 

Les rendements sont donc cruciaux. Au début des années 60 en France, ils atteignaient difficilement 30 quintaux à l’hectare. Ils sont aujourd’hui de 70 quintaux pour le blé et 110 pour le maïs. Sans protection des cultures affirme-t-elle, plus de la moitié de la production mondiale serait perdue.

Ne pas "désagriculturiser" la France

Au XVIIIe siècle, il fallait douze jours pour désherber à la main un hectare de blé. Aujourd’hui, tout en assurant 20% de la production agricole européenne, la France est au 9e rang pour la consommation de produits phytosanitaires. Et si les trois-quarts des molécules employées avant 1993 ne sont plus utilisées actuellement dans notre pays, le paradoxe est que l’on importe des fruits et légumes traités avec des substances prohibées en France.

Sylvie Brunel plaide pour un discours positif vis-à-vis de l’agriculture française, afin de"ne pas risquer de désagriculturiser la France comme on l’a désindustrialisée ».