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Jérôme Jury, arboriculteur à Saint-Prim, a perdu la totalité de sa récolte d'abricots à cause du gel

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Isère

Le gel a frappé encore ce printemps, une catastrophe pour les arboriculteurs de notre région. Malgré les mesures de protection mises en place, certains ont perdu une grande partie ou même toute leur production. A Saint-Prim (Isère), Jérôme Jury a ainsi perdu toute sa production d'abricots.

L'arrosage des culture pendant la gelée permet de protéger les futurs fruits.
L'arrosage des culture pendant la gelée permet de protéger les futurs fruits. © Radio France - Thibault Delmarle

Les arboriculteurs redoutaient le retour du gel cette semaine et ils avaient bien raison. Les arboriculteurs ont vécu l'un des pires épisodes de gel depuis de nombreuses années. Pour éviter de perdre leur production, ils se sont mobilisés de jour comme de nuit mais certains ont tout de même perdu une grande partie voir même la totalité de leur production. Alors que l'année 2019 et l'année 2020 ont déjà été particulièrement dures avec des épisodes importants de gel.

Les températures sont tombées de -6 à -8 degrés 

En Isère, sur la commune de Saint-Prim, Jérôme Jury avait déjà perdu l'année dernière 80% de sa production d'abricots. Cette année, les conséquences sont encore pires. Malgré leurs efforts, la perte est colossale pour Jérôme Jury, arboriculteur : "on a subi deux nuits de gel où on a enregistré des températures entre - 6 et - 8 degrés. Ce sont des températures avec lesquelles on ne peut pas lutter, ce n'est pas possible. On a beau mettre des moyens de lutte, comme des bougies, on arrive à remonter la température dans un verger de 3 à 4 degrés mais au delà on n'y arrive plus. Ce qui se passe c'est que les fruits sont se sont momifiés sur les arbres. On sait qu'il y a des espèces fruitières qui sont complètement absentes cet été de nos exploitations et économiquement ça va engendrer de graves problèmes." 

En colère contre Météo France

Jérôme Jury possède 42 hectares d'abricotiers mais cette année sa production est totalement perdue : "je vais prendre un exemple. J'avais un potentiel de production de 1.000 tonnes d'abricots et cette année je pense qu'on aura zéro abricot. C'est dramatique. On se rend compte qu'on travaille avec des services comme Météo France, qui sont censés nous donner des conseils, des prévisions, de façon à ce qu'on puisse être armés pour faire face. Ils nous ont annoncé 0 degré ou -1 degré et on a eu au moins -7 et - 8 degrés. Malheureusement, il faut faire confiance à des services étrangers, comme en Allemagne où ils ont annoncé les bonnes températures. Je suis assez remonté parce qu'on ne peut plus travailler comme ça à court terme avec des gens incompétents." 

Mise au point de Météo France : pour la journée du 7 avril, le centre de Saint-martin d'Hères explique que les prévisions, en plaine, pour l'Isère étaient entre -2 et -5. 

"C'est une année de travail qui s'envole. C'est décourageant." - Jérôme Jury

C'est difficile à accepter pour cet arboriculteur qui toute l'année tente d'améliorer la qualité de sa production : "on essaie de mettre en place toutes sortes de choses au niveau environnemental, au niveau qualité sanitaire, d'avoir le moins de résidus de pesticides et tout ça. Mais c'est une année de travail qui s'envole. C'est décourageant."

Ce qui est difficile aujourd'hui pour les arboriculteurs c'est que les aides pour faire face à ce type d'aléas climatiques manquent. Il faudrait mettre des choses en place d'après Jérôme Jury : "L'Etat saupoudre quand il y a des grosses difficultés mais ce qu'il nous faut c'est des solutions durables où on est capable d'avoir un système d'assurance qui nous permette de mutualiser avec tous les producteurs qui pourraient cotiser sur une assurance climatique. C'est la troisième année consécutive où il y a du gel en Isère. Il y a des exploitations qui disparaissent d'année en année et on est de moins en moins nombreux. Après, on s'étonnera qu'en France, on n'ait plus d'autonomie alimentaire et qu'on mange que des produits étrangers. On y va tout droit, mais personne ne réagit." 

Plusieurs collectivités locales prêtes à intervenir

Le syndicat de la Coordination rurale demande un appel à l'aide à la préfecture. 

Le conseil départemental de l'Isère sollicite auprès des services de l'Etat l'activation du dispositif d'indemnisations de calamités agricoles. En lien avec la chambre d'agriculture, il se dit prêt également à débloquer immédiatement des fonds pour soutenir les producteurs. « Nous nous devons plus encore qu’à l’habitude, dans cette période de crise sanitaire déjà source de difficultés pour le monde agricole, être auprès de ceux qui nous nourrissent et participent de notre indépendance alimentaire », indique le président du Département, Jean-Pierre Barbier.

A la communauté d'agglo de Vienne-Condrieu, où sont présents de nombreux arboriculteurs, le président Thierry Kovacs indique dans un communiqué avoir demandé à ses services de prendre contact avec tous les agriculteurs de ce territoire "pour évaluer les conséquences de cet épisode sur leurs activités en vue d’éventuelles décisions à prendre." 

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