Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Agriculture – Pêche

L’estive d’Orcines: 2000 brebis aux portes de Clermont-Ferrand

dimanche 23 juillet 2017 à 11:04 Par Jean-Pierre de Mongelas, France Bleu Pays d'Auvergne

Pastoralisme et tourisme ne font pas toujours bon ménage. Sur les 550 hectares de l’estive d’Orcines du Puy-de-Dôme à la Fontaine du Berger, les tensions sont parfois vives entre les pratiquants d’activités de pleine nature et le berger chargé de veiller sur un troupeau de 2000 têtes de bétail.

Le troupeau de 2000 brebis au pied du Puy-de-Dôme
Le troupeau de 2000 brebis au pied du Puy-de-Dôme - Olivier Turquin

Orcines, France

Tous les étés, les massifs montagneux accueillent ovins et bovins en estives. Cette période durant laquelle les bêtes vivent en altitude là où l’herbe est plus verte et plus nourrissante. De mi- mai à mi-octobre les dix éleveurs du secteur d’Orcines rémunèrent un berger chargé de veiller sur leurs brebis. Chaque année c’est un véritable casse-tête pour trouver un berger qui accepte ce travail. Car l’estive d’Orcines à mauvaise réputation ; la fréquentation des lieux par les touristes et les nombreux locaux qui viennent courir, faire du VTT ou simplement s’oxygéner, complique le travail du berger.

La pire estive que j’ai connue en 42 ans de carrière ! Un souvenir horrible!

Pierre-Michel Pinet et son épouse ont choisi cet été de garder les moutons sur le plomb du Cantal au Lioran. Et ils ne le regrettent pas. Moins de monde et des promeneurs plus respectueux de la nature et des moutons que sur les hauteurs de Clermont. «C’est pas une estive, c’est le jardin public de Clermont-Ferrand. Il y a énormément de monde et on est constamment à faire le gendarme, c’est une horreur » explique Pierre-Michel Pinet.

A Orcines, les incidents sont fréquents avec les vététistes qui traversent les troupeaux et éparpillent le cheptel où les chiens non tenus en laisse les affolent. Pourtant, des panneaux d’avertissement ont été installés un peu partout sur la zone d’estive. Les éleveurs sont inquiets car ces incidents à répétition peuvent aller jusqu’à provoquer des avortements chez les brebis qui sont gestantes à cette époque de l’année.

Les éleveurs demandent plus de verbalisation

Les agents de l’ONF ou ceux du parc des volcans d’Auvergne ne sont guère visibles sur ce parc régional qui est le plus vaste de France. Quant au policier municipal de la commune d’Orcines sur laquelle l’estive se trouve, il est bien seul. Les éleveurs en réclament un deuxième pour augmenter la répression et verbaliser les contrevenants. Le maire d’Orcines Jean-Marc Morvan est clair : « La commune n’a pas les moyens d’embaucher un second policier municipal. Avec les habitants de l’agglomération on est bien là pour partager le bien être, on est là aussi pour partager les soucis » Sous-entendu, c’est à Clermont Auvergne Métropole de mettre la main à la poche.

Catalina et ses chiens veillent sur le troupeau - Aucun(e)
Catalina et ses chiens veillent sur le troupeau - Olivier Turquin

Cyril, un jeune berger de 26 ans relève le défi

Arrivé en mai dernier avec sa compagne Catalina, Cyril Turquin avait été prévenu que son travail serait compliqué et que des altercations pourraient avoir lieu. Dans les volcans d’Auvergne on est loin de ses hautes vallées alpines isolées où les promeneurs, forcément moins nombreux, accèdent après plusieurs heures de marche. Pour le moment dit-il tout va bien. Il y a bien des vététistes où des chiens en liberté qui effrayent le troupeau mais encore rien de grave n’est arrivé. Ils envisagent même pourquoi pas de revenir l’année prochaine au grand soulagement des éleveurs. Car si la foule est un problème pour les moutons, elle devient un avantage quand il s’agit de vendre aux touristes les bijoux qu’ils fabriquent eux même. «On discute avec les gens, on leur explique notre boulot et on essayer de se les mettre dans la poche!»