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Agriculture – Pêche

L'île d'Yeu : reconquérir son agriculture

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Par , France Bleu Loire Océan

L'île d'Yeu a longtemps été une terre agricole, mais depuis les années 1950 l'activité a été remplacée par le tourisme et la pêche. De nombreux terrains sont devenus des friches, mais les projets agricoles tentent aujourd'hui de se développer l'île.

Emilie Sage a repris l'exploitation familiale en 2011.
Emilie Sage a repris l'exploitation familiale en 2011. © Radio France - Sixtine Lys

Île d'Yeu, France

A l'île d'Yeu, il n'y a pas que les plages de sable blanc et les pêcheurs. Sur les marchés de Port-Joinville et de Saint-Sauveur, il y a aussi les des pommes de terre, du fromage étiqueté "l'île d'Yeu". Mais qu'est-ce qui pousse réellement sur l'île ? Qu'est-ce qu'on élève ? 

50% des terres en culture en 1951

Au début du XXème siècle, la perle de l'Atlantique était en grande partie agricole. Près de 50% des terres étaient en culture, contre 4,5% en 2011. L'activité s'est effondrée au moment de la Seconde guerre mondiale, "au profit de la pêche et du tourisme", explique Mounia Tonazzini, chargée de mission pour Terre Fert'îles, le projet de valorisation agricole à l'île d'Yeu.

ECOUTEZ : L'histoire agricole de l'île d'Yeu - Mounia Tonazzini en charge du projet de valorisation agricole

Les projets agricoles tentent progressivement de reconquérir l'île, avec plusieurs maraîchers-potagers, mais aussi de l'élevage. Emilie Sage a repris l'exploitation familiale en 2011. "On est parti sur une nouvelle race de mouton menacée de disparition, la chèvre solognote. Il n'y en a plus que 3000 dans le monde. On a aussi quelques cultures d'aromatiques et fruits rouges en permaculture. On vend tout ça en vente directe sur l'île", explique Emilie Sage.

Renan Pointeau, éleveur d'abeilles reines à l'île d'Yeu. - Radio France
Renan Pointeau, éleveur d'abeilles reines à l'île d'Yeu. © Radio France - Sixtine Lys

Parmi les cultures plus atypiques, on retrouve aussi une production de safran, et un élevage d'abeilles reines. "Les reines de l'île d'Yeu voyagent pas mal. Elle naissent sur l'île d'Yeu, on les appelle même couramment les abeilles d'Oya. Et elle partent partout en France et en Europe", sourit l'apiculteur Renan Pointeau.

Les contraintes insulaires

L’agriculture à l'île d'Yeu présente beaucoup de contraintes, dans une profession déjà très difficile. Il y a la problématique du transport, l'apiculteur doit importer du sucre, et les éleveurs des céréales. Il n'y a pas d'abattoir non plus. Mais la plus grande difficulté est sans doute le morcellement. 

Avoir un hectare ce n'est rien sur le continent, mais ici c'est déjà très difficile"

Le territoire est petit, 23 km2, et très morcelé. "Pour chaque parcelle, il y a beaucoup de propriétaires. Avoir un hectare ce n'est rien sur le continent, mais ici c'est déjà très difficile", confie Mounia Tonazzini de Terres Fert'îles. "Les parcelles dédiées à l'agriculture sont très restreintes. Le foncier pour l'agriculture est dix fois plus important que ce qui se fait en Vendée", ajoute-t-elle. Renan Pointeau ne peut que confirmer, il doit encore déplacer un rucher :  

ECOUTEZ : La difficulté de trouver des terres agricoles - Renan Pointeau, apiculteur

Le métier est tout aussi dur que sur le continent, mais il y a aussi des moments uniques. Emilie Sage raconte la transhumance des moutons vers la côte, qui lui rappelle pourquoi elle fait cette profession : 

ECOUTEZ : La transhumance des moutons vers la côte - Emilie Sage, éleveuse

Un jour l'autonomie ? 

On est encore très loin de l'autonomie agricole à l'île d'Yeu. Elle est même difficile à imaginer pendant la période estivale notamment, où l'on passe de 5.000 habitants à plus de 25.000 personnes. Mais Terres Fert'îles travaille aussi sur le volet de la consommation, pour que la production locale s'implante mieux dans l'économie islaise, hors de la vente directe et des marchés, avec la restauration par exemple. 

Une étude réalisée en partenariat avec le groupement des agriculteurs biologiques de Vendée révèle que 90% de la consommation alimentaire des islais vient toujours du continent.

Une activité économique à l'année

Développer l'agriculture est primordiale pour éviter les frais de transport et le coût écologique de l'importation, mais pour avoir une activité économique à l'année, témoigne Mounia Tonazzini. "L'agriculture apporte du dynamisme, favorise la diversité, en diminue les zones de friches."

Une dizaine de producteurs sont installés à l'île d'Yeu, et d'autre projets agricoles sont en cours d'installation, dont un projet en vigne et un élevage de chèvres.

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