Agriculture – Pêche

L'UDSEA se mobilise pour défendre le glyphosate en Indre et Loire

Par Denis Guey, France Bleu Touraine vendredi 8 septembre 2017 à 18:44

Réunion au sommet entre agriculteurs et parlementaires à Montlouis sur le glyphosate
Réunion au sommet entre agriculteurs et parlementaires à Montlouis sur le glyphosate © Radio France - Denis Guey

Les agriculteurs du principal syndicat en Touraine craignent que l'Union Européenne n'interdise le glyphosate. Ils affirment n'avoir aucune autre solution pour travailler la terre que ce seul produit phytosanitaire.

Les agriculteurs de l'UDSEA d'Indre et Loire partent en croisade contre la décision de Nicolas Hulot d'interdire le glyphosate au niveau européen. C'est le 4 octobre que l'Union Européenne doit autoriser ou non le renouvellement de l'utilisation du glyphosate et le ministre de la transition énergétique a annoncé que la France voterait contre. Pour l'UDSEA, cette interdiction serait une catastrophe. Le glyphosate est une molécule contenue dans des dizaines de produits phytosanitaires. Le syndicat explique qu'aucune expertise scientifique n'apporte la preuve du risque cancérogène, il tente donc de rallier à sa cause les députés. Ce vendredi, l'UDSEA a tenu une sorte de réunion de crise dans une ferme de Montlouis.

Il y avait là une dizaine d'agriculteurs, pour la plupart céréaliers et grands utilisateurs du glyphosat., la députée européenne LR Angélique Delahaye, le député La République en Marche Daniel Labaronne, et Sophie Auconie, députée LR-UDI. A Saint Branchs, Fabien Labrunie cultive 160 hectares de céréales. Pour lui, sans glyphosate, il n'y aura plus aucune solution pour travailler la terre

"Soit j'abandonne tous les produits phytosanitaires et je passe en bio, mais si tout le monde fait comme moi, le bio va exploser dans moins d'un an. Soit je vais utiliser d'autres produits, plus racinaires et plus rémanents, et donc plus polluants" Fabien Labrunie, céréalier à Saint Branchs

De 11 euros l'hectare, le coût du travail de la terre passerait à 27 euros sans glyphosate. Face à ces agriculteurs en colère, Angélique Delahaye, députée européenne LR, explique qu'elle votera pour le glyphosate devant le parlement européen

"J'ai proposé à la commission européenne qu'on renouvelle l'autorisation du glyphosate pour sept ans, avec des conditions précises comme la certification des agriculteurs à une utilisation purement professionnelle. Je pense qu'il faut sortir des postures dogmatiques qui nous font jeter le bébé avec l'eau du bain. Ce que fait Nicolas Hulot en annonçant que la France mettra son véto le 4 octobre" Angélique Delahaye, députée européenne

Quant à Daniel Labaronne, qui regrette lui aussi la posture de Nicolas Hulot sur le glyphosate, le député LREM a promis aux agriculteurs de demander un débat à l'assemblée nationale sur le sujet. Il faut préciser que la Commission Européenne est favorable au renouvellement de l'autorisation du glyphosate pendant 10 ans mais que si la France vote "contre" le 4 octobre, le produit a toutes les chances d'être interdit.