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La colère des pêcheurs normands face à l'arrivée d'un nouveau chalutier géant

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Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

C'est la goutte d'eau pour les pêcheurs normands : le lancement d'un nouveau chalutier-usine français de 80 mètres de long. En pleines négociations sur le Brexit, l'arrivée de ce géant des mers les inquiéte. Car en cas de Brexit dur préviennent-ils, "nous nous retrouverons tous dans la même zone".

A Trouville-sur-mer dans le Calvados, Guillaume Goulias, patron pêcheur du chalutier côtier l'Ansylye craint l'arrivée d'un nouveau chalutier-usine de plus de 80 mètres de long.
A Trouville-sur-mer dans le Calvados, Guillaume Goulias, patron pêcheur du chalutier côtier l'Ansylye craint l'arrivée d'un nouveau chalutier-usine de plus de 80 mètres de long. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Les pêcheurs normands très inquiets face à l'arrivée d'un nouveau chalutier géant. Le Scombrus, un bateau usine de 80 mètre de long capable de pêcher 200 tonnes de poisson par jour, a été inauguré ce vendredi à Concarneau dans le Finistère. Ce géant des mers navigue pour l'armateur français France Pélagique, filiale d'un groupe néerlandais. Les pêcheurs normands, pêcheurs artisanaux dans leur immense majorité, s'inquiètent des conséquences sur leur activité. Car en cas de Brexit dur, les eaux anglaise risquent d'être interdites, et les bateaux français quels qu'ils soient devront se partager la ressource.

Pêcheurs artisanaux contre pêche industrielle

"Moi clairement, l'impossibilité de pêcher dans les eaux anglaises ne me concerne pas, explique Anthony Bataille, patron pêcheur trouvillais, puisque mon chalutier reste à proximité des côtes". Mais il pêche notamment du maquereau, "une espèce migratoire pélagique, que pêche le Scombrus, et même s'il ne vient pas pêcher chez nous, s'il pêche en Manche Ouest par exemple, nous aurons moins de maquereaux en Manche Est" poursuit-il.

Nous avons certes la coquille saint Jacques, explique Anthony Bataille, patron pêcheur trouvillais, mais ça ne dure qu'une saison. Avec l'arrivée de ce bateau géant, ça va être problématique le reste de l'année pour des espèces comme le maquereau

Un de ses collègues trouvillais, Guillaume Goulias s'est mis à son compte il y a quatre ans. Il est le patron d'un chalutier côtier l'Ansylye, long de 12 mètres, et il peste contre l'hypocrisie de la situation. "Le Scombrus bat pavillon français, mais il est en fait détenu par un groupe néerlandais, et ira décharger sa cargaison aux Pays Bas. Et le problème, c'est qu'on doit se partager les quotas avec lui vu qu'il est Français !" Le Scombrus peut pêcher à lui seul jusqu'à 200 tonnes de poisson par jour, contre quelques tonnes par an pour un bateau de moins de 12 mètres, selon l'association écologiste Pleine Mer qui avait appelé à manifester ce vendredi à Concarneau pour dénoncer ce chalutier-usine. 

Le soutien des élus locaux de tous bords

Les pêcheurs trouvillais soutenus par les élus politiques locaux de tous bords, au premier plan à droite, le député Modem du Calvados Christophe Blanchet.
Les pêcheurs trouvillais soutenus par les élus politiques locaux de tous bords, au premier plan à droite, le député Modem du Calvados Christophe Blanchet. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Des élus de tous bords sont venus apporter leur soutien aux pêcheurs lors d'une conférence de presse organisée ce vendredi matin sur les quais de Trouville-sur-mer par la mairie. Christophe Blanchet, député Modem du Calvados, appelle l'Europe à être plus ferme que jamais concernant la pêche dans les négociations actuellement en cours sur le Brexit. "Ça doit être donnant-donnant, prévient-il. Alors certes, la ressource naturelle se trouve en grande partie dans les eaux anglaise, et en cas de Brexit dur, les pêcheurs français risquent de ne plus pouvoir y aller. Mais la Grande Bretagne a besoin de l'Europe pour vendre sa production. On ne doit rien céder. Et encore plus avec l'arrivée de ce chalutier géant qui menace une filière qui représente en Normandie plus de 650 bateaux et 2300 familles"

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