Agriculture – Pêche

La FDSEA Loire lève le barrage de l'usine Lactalis à Andrézieux

Par Léo Tescher, France Bleu Saint-Étienne Loire mardi 30 août 2016 à 17:17

Le site Lactalis a rouvert ses portes, les camions peuvent en sortir plein de marchandises.
Le site Lactalis a rouvert ses portes, les camions peuvent en sortir plein de marchandises. © Radio France - Léo Tescher

Un accord a été trouvé entre les organisations de producteurs de lait et les dirigeants du groupe Lactalis. Il fixe le prix des 1000 litres de lait à 290 euros jusqu'à la fin de l'année. La FDSEA de la Loire s'en contente et lève le barrage qui était en place depuis lundi soir.

Mardi, 14h30, les camions peuvent de nouveau entrer s’approvisionner en marchandises Lactalis. Les supermarchés ne manqueront pas de produits Président, Lactel, Bridel, Galbani, etc... Comme partout en France, les agriculteurs de la Loire lève leur barrage sur le site d'Andrézieux. Le leader mondial du lait propose de payer 290 euros la tonne de lait jusqu'à la fin de l'année. Sur la totalité de l'année 2016, ça fait une moyenne de 275 euros la tonne, soit bien inférieur aux 300 euros qu'espéraient la FNSEA. Mais les éleveurs s'en contentent. Le président de la Fédération Régionale des Producteurs de Lait (FRPL) du Sud-Est, Jean-Claude Rabany, explique pourquoi :

« Ils ont coupé la poire en deux. Il faut aussi savoir arrêter les négociations... même si c'est vrai, ce n'est pas suffisant. Mais on a gagné vingt euros en une semaine et demie, ça fait quand même 6000 euros  sur un quota moyen de 400.000 litres de lait. Si on n'était pas venu, ces 6000 euros n'existeraient pas et ce serait encore plus compliqué. Alors, oui, ce n'est pas suffisant, mais ce n'est pas non plus la fin du combat. Il va falloir se remettre autour de la table en janvier pour les négociations portant sur l'année 2017. »

Pour la FNSEA, au moins cette fois Lactalis a compris qu'ils ne pouvaient pas fixer les prix sans consulter les agriculteurs. Le premier syndicat agricole espère maintenant pouvoir travailler en tant que partenaire avec le leader mondial du lait.

Mais pour un autre syndicat agricole, la Confédération Paysanne, pas question de se contenter de si peu. Ces négociations sont un échec pour Laurent Pinatel, agriculteur dans la Loire et porte-parole national :

« À 290 euros la tonne, on ne peut pas vivre puisqu'il faut 350 euros pour couvrir les frais de production... Donc pour nous, c'est un échec. Il ne faut pas que les producteurs considèrent la fin de ces négociations comme une fin en soi. Pour faire réellement monter le prix du lait, il faut arrêter de négocier avec le seul Lactalis. Il y a d'autres entreprises comme Danone, Sodiaal, ou encore Saint-Père qui est une toute petite boîte (ndlr. Intermarché) qui se permet de bien payer le lait... Donc si une petite boîte se permet de bien payer le lait, plus que ce que se permet numéro un mondial Lactalis, c'est qu'il y a des choses à revoir au sein de la filière. Il faut faire pression sur le ministère de l'agriculture. Dès vendredi, la Confédération Paysanne sera en manifestation devant le château de Chambord où Stéphane Le Foll reçoit tous les ministres de l'agriculture européens pour un gueuleton de rentrée. On va y aller pour dire que la crise n'est pas finie contrairement à ce que dit  Manuel Valls. Elle ne fait que commencer, et il faut vraiment trouver des solutions pour que les paysans aient de quoi faire bouillir la marmitte. »

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