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Agriculture – Pêche

La filière Comté adopte de nouvelles propositions pour le futur cahier des charges de l'AOP

vendredi 29 juin 2018 à 19:29 Par Véronique Narboux, France Bleu Besançon

Réuni ce vendredi, à Poligny, le Comité Interprofessionnel de Gestion du Comté a voté de nouvelles propositions sur le futur cahier des charges de l'AOP. L'interprofession veut notamment limiter la production annuelle de lait à 1,2 million de litres par exploitation.

Après l'adoption par l'Interprofession, le cahier des charges de l'AOP Comté doit être validé par l'INAO puis l'Union européenne
Après l'adoption par l'Interprofession, le cahier des charges de l'AOP Comté doit être validé par l'INAO puis l'Union européenne © Maxppp - Aurélien Morissard

Poligny, France

Après 18 mois de débats parfois animés, la filière Comté a trouvé un accord sur le futur cahier des charges de l'AOP (Appellation d'origine protégée). Les nouvelles propositions ont été votées ce vendredi, à Poligny, lors de l'assemblée générale du Comité Interprofessionnel de Gestion du Comté (CIGC). 

Dans une filière florissante qui rémunère confortablement tous ses acteurs, même si certains sont tentés par la tentation du "toujours plus", une écrasante majorité est d'accord pour dire qu'il ne faut pas verser dans l'agro-industrie.  Pas question de voir une ferme des mille vaches en zone Comté ni de laisser des investisseurs étrangers faire main basse sur d'énormes exploitations où "les producteurs de lait seraient transformés en exécutants ; nous voulons préserver une agriculture familiale" explique Claude Vermot-Desroches, le président du CIGC. 

1,2 million de litres de lait maximum par exploitation

Pour préserver une agriculture à taille humaine, la filière Comté a donc décidé de limiter la production annuelle de lait à 1,2 million de litres par exploitation. "C'est une limite à ne pas dépasser et surtout pas un objectif à atteindre" souligne Claude Vermot-Desroches qui précise que son conseil d'administration aurait bien voulu ajouter un ratio de vaches par éleveur. Mais la mesure suscite un tollé chez une partie des intéressés. "On a dû rogner pour trouver un accord", reconnaît-il. En d'autres termes : la mesure n'est pas retenue mais sera retravaillée.

D'autres mesures sont actées dans cahier des charges revisité : 

  • La productivité maximale autorisée par vache est fixée en moyenne à 8.500 litres annuels. 
  • Chaque montbéliarde devra avoir au moins 1,3 hectare d'herbe pour pâturer (contre 1 auparavant). 
  • Au moins 70% du fourrage devra être issu de l'exploitation
  • L'affouragement en vert (la technique qui consiste à distribuer directement aux animaux le fourrage fraîchement coupé au champ) sera limité à 75 jours et ne pourra débuter avant le 1er juin.

Des gages environnementaux pour les consommateurs

La filière Comté veut aussi donner des gages aux consommateurs en matière d'environnement. Le nouveau cahier des charges prévoit par exemple de limiter davantage l'apport d'engrais ; de revoir plus sévèrement les plans d'épandage des effluents agricoles ; de bannir l'épandage de boues de station d'épuration (sauf celles émises par les fromageries) ou encore de préserver les haies. 

"Ces critères de responsabilité sociale et environnementale, reconnaît Claude Vermot-Desroches, ne sont pas dans les clous de ce qui est habituellement soumis à l'INAO (Institut National des Appellations d'Origine). Mais nous voulons que le Comté garde une avance sociale et sociétale, nous voulons défendre nos valeurs et notre vision de l'agriculture". Le président du CIGC estime d'ailleurs que les propositions pour le nouveau cahier des charges du Comté AOP sont tout à fait dans l'esprit des AOP européennes qui sont censées défendre les territoires et leur savoir-faire.

Au moins un an de travail avant l'adoption du nouveau cahier des charges

Il faudra donc convaincre d'abord l'INAO puis l'union européenne pour obtenir la validation du nouveau cahier des charges. Un travail qui pourrait prendre entre 12 et 18 mois. 

Ce sera l'une des tâches du successeur de Claude Vermot-Desroches qui passera la main le 13 juillet prochain, après seize ans de mandat. Deux jurassiens sont candidats à sa succession : Alain Mathieu, deuxème vice-président du CIGC et Dominique Chauvin, président de la commission "suivi qualité", au sein de ce même CIGC.