Agriculture – Pêche

Flambée du prix du beurre : rupture de stock en Normandie

Par Laurent Philippot, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu jeudi 12 octobre 2017 à 8:52

La pénurie de beurre menace, c'est la conséquence de la flambée du prix de la matière première qui a presque doublé en un an
La pénurie de beurre menace, c'est la conséquence de la flambée du prix de la matière première qui a presque doublé en un an © Radio France - Laurent Philippot

Les cours du beurre s'envolent sur les marchés mondiaux. En un an, le prix de la matière première a presque doublé. La consommation sur notre planète a explosé et les producteurs n'arrivent plus à fournir. Certains craignent une pénurie d'ici à la fin de l'année.

Dans cet hypermarché de Conches-en-Ouche, dans l'Eure, le direction présente ses excuses aux clients pour la gêne occasionnée : "En raison d'une pénurie de matière première sur le beurre, nous sommes aujourd'hui dans l'incapacité de vous proposer ce produit à la vente". L’avertissement, placardé sur le rayon crèmerie, est affiché depuis plusieurs jours. La rupture de stock touche des grandes surfaces, mais aussi les artisans, comme les boulangers pâtissiers ou les fabricants de biscuits.

Installé à Rugles, le fondateur des Gourmandises Risloises, Nicolas Tessier est un des rares biscuitiers artisanaux de l'Eure. Il vend sa production (financiers, madeleines, sablés, cakes ou pains d'épice) sur les marchés de L'Aigle, de Rugles ou d’Évreux ainsi que dans quelques magasins et épiceries fines. S'il n'a pas de difficultés à s'approvisionner en beurre, il en achète 25 à 50 kilos par semaine, il constate la flambée des prix :

Il y a un an, j'achetais le beurre 3,70€ le kilo, aujourd'hui c'est plus 7,40€ voire 7,50€. On devrait atteindre les 10 euros à Noël" - Nicolas Tessier

Nicolas Tessier ne voulait pas augmenter les prix de ses financiers, pour ne pas faire fuir les clients. Alors il a trouvé une autre solution, il a réduit le poids de ses sachets de biscuits, en passant de 180 grammes, puis à 170 et désormais 160 grammes pour les sachets de financiers. D'autres ont déjà fait le choix de répercuter la hausse de la matière première à leurs clients.

C'est le cas de la boulangerie d'André Sourdon, par ailleurs président de la chambre syndicale des boulangers de l'Eure, à Bernay : "On a augmenté de cinq centimes le prix du croissant". Une option que n'envisage pas Valérie Portier, de la boulangerie Les Trois Amours à Évreux, qui malgré la hausse, a décidé de maintenir ses prix. La boulangère continue à acheter du beurre de Normandie.

C'est déjà bien assez cher comme ça, si on augmente, on vendra beaucoup moins" - Valérie Portier

1 euro le pain au chocolat, 95 cents le croissant, la boulangerie Les Trois Amours à Evreux n'a pas décidé d'augmenter ses prix - Radio France
1 euro le pain au chocolat, 95 cents le croissant, la boulangerie Les Trois Amours à Evreux n'a pas décidé d'augmenter ses prix © Radio France - Laurent Philippot

Il n''y a pas que le beurre qui a augmenté. C'est aussi le cas de la poudre de noisettes ou de la poudre d'amandes. Maigre consolation pour les artisans : le prix du chocolat a lui baissé ces derniers mois.