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Agriculture – Pêche

La fraise dans tous ses états à Beaulieu-sur-Dordogne

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Par , France Bleu Limousin

Ce dimanche avait lieu la traditionnelle "fête de la fraise" à Beaulieu-sur-Dordogne en Corrèze. L'occasion pour la filière de mettre en avant la diversité des variétés mais aussi sa lutte contre l'usage des pesticides alors que le nombre de producteurs est en baisse.

Comme chaque année la fête de la fraise a été l'occasion de réaliser une tarte géante. 15 mètres, tout de même, pour cette édition 2019 !
Comme chaque année la fête de la fraise a été l'occasion de réaliser une tarte géante. 15 mètres, tout de même, pour cette édition 2019 ! © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Beaulieu-sur-Dordogne, France

C'est devenu un rendez-vous incontournable au début du mois de mai à Beaulieu-sur-Dordogne en Corrèze. La fête de la fraise s'est déroulé sous un grand soleil qui cache pourtant une part d'ombre. Le nombre de producteurs ne cesse de baisser . Ils étaient une cinquantaine dans les années 2000, ils ne sont désormais que vingt-cinq à produire ce fameux petit ruby. La fête de la fraise s'est donc l'occasion pour la filière de mettre en avant des variétés moins connues ou nouvelles mais aussi le savoir-faire des producteurs qui cherchent à réduire drastiquement l'usage des pesticides. 

Un cru 2019 de qualité 

C'est d'ailleurs affiché sur les étales, comme celui où Diana et Joël viennent de découvrir la "Mara des bois". Le couple était jusque là fidèle à l'une des variétés phares : la "gariguette". Mais une fois le petit fruit rouge goûté, ils ne regrettent pas leur écart de conduite : _"sucrée, parfumée, juteuse, très bonne"commente Diana.  Sur l'étale justement on trouve de la "gariguette" et de la "charlotte". " Ce sont des variétés connues et appréciées au niveau du goût." explique Sébastien, le producteur, "surtout la Mara des bois avec son petit arrière goût de fraise des bois"_ précise-t-il. 

Certains producteurs affichent clairement leur engagement auprès d'une clientèle très regardante sur l'usage des pesticides et produits phyto-sanitaires.  - Radio France
Certains producteurs affichent clairement leur engagement auprès d'une clientèle très regardante sur l'usage des pesticides et produits phyto-sanitaires. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Une récolte précoce et quelques frayeurs 

Il l'avoue, il s'est fait quelques petites frayeurs, comme ses confrères, avec une météo en dents de scie. "On a eu un mois de février qui était pour nous un mois d'avril" , résultat " On a eu quinze jours d'avance en récolte parce que nous avons eu un mois de février très chaud, donc a pris de l'avance et on avait peur de prendre des gelées tardives au mois d'avril" détaille Sébastien, soulagé car "finalement , tout s'est bien passé" . A quelques pas de là, sur le stand de Jean-Paul, on est également satisfait de ce début de saison, même si la récolte n'est pas au rendez-vous en quantité.  La qualité, elle, est là: "_C'est vraiment joli_, au niveau sanitaire également, on a eu du temps sec et du vent du nord qui assainit pas mal les cultures

La chasse aux produits phyto-sanitaires 

Depuis plusieurs années désormais les producteurs de fraises limitent au maximum l'usage de pesticides et de produits phytosanitaires. Ils sont passé du "préventif" au "curatif", et peuvent même "se vanter de ne pas faire de traitements" explique Erick Bressy, technicien à la chambre d'agriculture de la Corrèze. Selon lui cela vient aussi de la pression de la clientèle. "Le principe de production ici en Corrèze c'est que les producteurs vendent pratiquement toute leur production au niveau local. Ils sont donc directement au contact de la clientèle" précise-t-il. 

Les producteurs cherchent aussi de nouvelles variétés plus résistantes et nécessitant moins de traitements.  - Radio France
Les producteurs cherchent aussi de nouvelles variétés plus résistantes et nécessitant moins de traitements. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Plusieurs réseaux mis en place pour lutter contre l'usage de produits phytosanitaires 

Une clientèle qui sensibilise et réclame des fraises de qualité, et donc, sans pesticides. D'où la mise en place  dans la filière fraise de réseaux comme DEPHY ( Réseau de Démonstration, Expérimentation et de production de références sur les systèmes économes en PHYtosanitaires) ou encore les "groupes 30 000" une déclinaison des réseaux DEPHY qui visent à multiplier par 10 le nombre  d’agriculteurs accompagnés dans la transition vers l’agro-écologie à bas niveau de produits phytopharmaceutiques.

Des producteurs toujours moins nombreux 

Pourtant selon Joël Soursac, président du comité de la fête de la fraise, le ministère de l'agriculture ne veut pour l'instant pas garantir cette absence de produits phytosanitaires. Cela limite donc la communication sur le sujet alors que la filière en aurait bien besoin. Le nombre de producteurs n'a cessé de diminuer ces dernières années. Joël Soursac se souvient des années 1960 " il y avait près de 200 producteurs en Corrèze et chaque année on produisait près de 1000 tonnes de fraises" . Aujourd'hui la réalité est tout autre. Il ne reste que 25 producteurs dont les exploitations augmentent en taille, mais ne produisent qu'entre 350 et 400 tonnes chaque année. 

Sur son exploitation Jean--Paul produit chaque année entre 10 et 15 tonnes de fraises.  - Radio France
Sur son exploitation Jean--Paul produit chaque année entre 10 et 15 tonnes de fraises. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Une relève qui tarde à arriver 

Selon Erick Bressy, même si le travail est beaucoup moins pénible qu'auparavant, reste que la filière n'attire pas " les producteurs ont une moyenne d'âge assez avancée et derrière il n'y a pas vraiment de relève" explique-t-il. Autre coup dur pour la fraise corrézienne, et plus largement française, la concurrence espagnole."Elle a contribué à la baisse des exploitations par la baisse des prix. Les gens n'arrivaient plus à tirer un revenu, ne trouvaient pas de personnel et ont carrément arrêté cette production" 

Mais pour autant le président du comité de la fête de la fraise se veut rassurant, où tout du moins optimiste car comme il aime à le dire " Tant qu'il y a de la fraises, il y a de l'espoir"