Agriculture – Pêche

La grippe aviaire menace l'avenir des petits élevages de volaille en Vaucluse

Par Philippe Paupert, France Bleu Vaucluse et France Bleu lundi 12 décembre 2016 à 21:26

Ce poulet doit éviter les contacts avec les oiseaux sauvages
Ce poulet doit éviter les contacts avec les oiseaux sauvages © Radio France - Philippe Paupert

Les éleveurs de volaille de Vaucluse ont confiné leurs poules, dindes et canards pour éviter la contamination du virus H5N8 par les oiseaux sauvages. Certains éleveurs de Vaucluse pensent arrêter leur activité car les investissements pour le plan de bio-sécurité sont trop chers.

Une cinquantaine de communes en Vaucluse sont sous la menace de la grippe aviaire, essentiellement dans la vallée du Rhône, le val de Durance et le bassin des Sorgues. Ces zones humides sont sur le couloir des oiseaux migrateurs et les autorités sanitaires redoutent une contamination du virus H5N8.

Les éleveurs de volailles - professionnels ou amateurs - doivent confiner leurs animaux ou placer des filets pour éviter le contact avec les oiseaux sauvage. Le risque d'influenza aviaire est élevé sur tout le territoire selon le Ministère de l'Agriculture.

"J'arrête. Les volailles : aucun intérêt. L'investissement est astronomique". Gérard Chauvin aviculteur à Apt

Les aviculteurs de Vaucluse appliquent les mesures de confinement mais ils s'inquiètent pour l'avenir de leur profession.

À Apt, Gérard Chauvin élève 1 500 canards, pintades, oies, poules, dindes et poulardes. Il annonce qu'il arrêtera son activité en 2018 car les investissements sont "astronomiques" pour appliquer le plan de bio-sécurité : couloirs de désinfection, sas, chemins d’accès à la chaux.

Gérard Chauvin aviculteur à Apt: "en 2018, j'arrête"

"Je n'ai pas envie de devenir un petit industriel à la place du petit producteur" Denis Surgey, aviculteur à Saint Saturnin Les Apt

Aucun bruit de volailles sur l'exploitation de Denis Surgey à Saint-Saturnin-les-Apt puisque les poulets et chapons sont tous confinés à l'intérieur des unités de production "tant que durera la migration des oiseaux". L'aviculteur bio produit 5.000 volailles par an et il estime que ce confinement a des conséquences économiques et qualitatives car "le poulet court moins, il s'engraisse".

Cet agriculteur de Saint-Saturnin-les-Apt s'inquiète de l'agro-business de la grippe aviaire. Denis Surgey estime à 50.000 euros l'investissement nécessaire pour convertir avant juillet 2018 son exploitation bio aux normes du plan de bio-sécurité.

Denis Surgey confie que les sas, la désinfection de tous les matériels, l'élevage sur du béton ou du goudron, "ce ne sont pas les conditions" pour lesquelles il a choisi ce métier. Il ne sait pas s'il continuera après l'épisode H5N8 : "pour l'instant, c'est le chaos mais je n'ai pas envie de devenir un petit industriel en remplacement du petit producteur".

Denis Surgey, éleveur à Saint Saturnin Les Apt: "je ne veux pas devenir un petit industriel"

Les dindes doivent être confinées pour éviter le virus H5N8 - Radio France
Les dindes doivent être confinées pour éviter le virus H5N8 © Radio France - Philippe Paupert