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La nouvelle éco : le système d'assurance des arboriculteurs "complètement archaïque"

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Par , France Bleu Isère

Jérôme Jury, arboriculteur à Saint-Prim (Isère), également administrateur de la Fédération nationale des producteurs de fruits, était l'invité de la nouvelle éco ce mercredi matin sur France Bleu Isère, quelques jours après l'épisode de gel qui a détruit de nombreuses récoltes dans tout le pays.

Arboriculteurs et viticulteurs de Drôme et d'Ardèche ont lutté en vain toute la nuit contre le gel.
Arboriculteurs et viticulteurs de Drôme et d'Ardèche ont lutté en vain toute la nuit contre le gel. © Radio France

Les pertes s'annoncent très lourdes pour les producteurs de fruits isérois. Ils ont perdu une grande partie de leurs récoltes après un violent épisode de gel survenu à la mi-avril. Jérôme Jury, arboriculteur à Saint-Prim, et administrateur de la Fédération nationale des producteurs de fruits en appelle au gouvernement. Il souhaite des aides plus conséquences et une refonte du système assurantiel.

France Bleu Isère : Dans votre exploitation, à quel niveau avez-vous été touché ?

Jérôme Jury : On a subi un épisode de gel qui a été catastrophique puisque on a atteint 8, 2 degrés sur le département de l'Isère. Les températures ont été comprises entre - 6 et - 8. Aucun fruit à noyau n'a résisté à des températures pareilles. Donc c'est 100 % de perte pour tout ce qui est abricot, pêche, cerise. Pour les pommes et les poire, on est très inquiets. Même la viticulture est très concernée par cet épisode de gel. C'est donc l'ensemble de la filière (arboriculture, culture fruitière, viticulture) qui est concernée.

Quelles sont les conséquences pour les entreprises ?

Les conséquences sont très lourdes puisqu'on se retrouve en arrêt d'activité du jour au lendemain. En ce qui me concerne, on n'a plus que quelques fraises à ramasser pendant un mois et après ce sera très difficile. On attend des mesures très concrètes et très importantes de la part de l'État, de l'Europe et des collectivités territoriales, sinon je pense qu'un bon nombre d'exploitants vont arrêter leur activité. Ce serait très dommageable sachant qu'on fait partie des pays où on a le plus beau potentiel en termes de qualité de fruits. On a tous les ingrédients : on a le sol, on a le climat tempéré, on a les ressources en eau. On a tout ce qu'il faut pour produire, malheureusement chaque année des aléas climatiques nous tombent dessus et mettent en danger la filière.

Vous vous tournez vers les pouvoirs publics et les assurances, comment ça fonctionne ?

Alors les assurances, c'est un grand sujet. D'abord les pouvoirs publics, je pense que c'est important : ce dont on a besoin aujourd'hui, ce sont des mesures très concrètes, des aides directes aux exploitants pour pouvoir repartir l'année prochaine. On peut comparer notre arrêt d'activité à ce qui s'est passé dans les stations de ski. Les stations de ski se sont retrouvées en arrêt d'activité du jour au lendemain, l'État leur est venu en aide, a indemnisé les exploitants de remontées mécaniques, les stations, les bars, les restaurants, les ESF... Tout le monde a été indemnisé, on a mis un milliard d'euros pour les stations de ski, pour le tourisme. L'État ici nous promet un milliard d'euros, mais c'est largement insuffisant sachant que c'est tout le territoire français qui est concerné. 140.000 hectares de production fruitière ont été impactés par cet épisode de gel.

Et dans votre filière aussi il y a des saisonniers comme dans les stations de ski...

On attend de voir comment vont être réparties ces mesures, cette aide exceptionnelle. J'embauche une centaine de saisonniers, là on n'en parle plus. Je pense qu'on ne les embauchera pas du tout. C'est sûr que c'est un impact économique importante pour toute une filière : tous les metteurs en marché, les coopératives, les expéditeurs... un grand nombre d'entreprises vont être concernées par cette catastrophe climatique.

Et concernant les assurances, comment ça se passe ?

Le système assurantiel tel qui nous est proposé aujourd'hui est complètement archaïque. Il se base sur des références historiques : chaque exploitant doit faire la moyenne des cinq dernières années en enlevant la meilleure et la plus mauvaise. Le système est aussi basé sur des prix plafonnés. Prenons l'exemple de l'abricot : Je suis assuré, je vends mes abricots à peu près 2,10 € en moyenne le kilo ces trois dernières années et on me plafonne le prix d'assurance à 93 centime d'euro le kilo.

Donc vous appelez une réforme de ce système assurantiel ?

Complètement, en plus il y a une franchise qui est appliquée, une franchise de 25 %. On nous déduit des frais de récolte... Il y a plein de choses qui ne collent pas du tout, ce qui fait qu'on est très très mal assurés.

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