Agriculture – Pêche

La nouvelle ligne très haute tension inaugurée entre Reims et Charleville-Mézières

Par François Sauvestre, France Bleu Champagne-Ardenne vendredi 23 septembre 2016 à 17:52

L'un des 182 pylônes de la nouvelle ligne très haute tension qui relie Reims à Charlevilles-Mézières
L'un des 182 pylônes de la nouvelle ligne très haute tension qui relie Reims à Charlevilles-Mézières © Radio France - François Sauvestre

Les collectivités et réseau de transport d'électricité (RTE) ont inauguré vendredi une nouvelle ligne très haute tension entre Reims et Charleville-Mézières. Elle remplace l'ancienne ligne construite dans les années 1970 et qui n'était plus adaptée à une demande toujours plus forte en électricité.

La nouvelle ligne très haute tension (THT) qui relie Reims et Charleville-Mézières est toujours d"une puissance de 400 000 volts mais la capacité de transport de l'énergie a été triplée car les 182 pylônes qui jalonnent la ligne sont eux beaucoup plus volumineux que les anciens. Au total, ils permettent le déroulage de plus de 2 000 kilomètres de câbles sur les 78 kilomètres de tracé. Le chantier, inauguré ce vendredi a duré 18 mois.

Les anciennes infrastructures, construites dans les années 1970 n'étaient plus adaptées. "La demande en électricité, notamment dans le bassin rémois est beaucoup plus forte", précise Jean-Michel Elhinger, directeur de projet chez Réseau de Transport d'Electricité (RTE) qui a mené le chantier. RTE joue aussi la carte de la complémentarité avec les énergies renouvelables. "Le parc éolien s'est considérablement développé dans les Ardennes", poursuit Jean-Michel Elhinger qui explique qu'il faut "les installations nécessaires pour acheminer cette électricité".

L'un des nœuds de cette ligne THT est situé à Seuil, près de Rethel dans les Ardennes - Radio France
L'un des nœuds de cette ligne THT est situé à Seuil, près de Rethel dans les Ardennes © Radio France - François Sauvestre

Autre argument avancé par RTE, la sécurisation indispensable de l'alimentation. "On installe l'équivalent de deux lignes sur un même pylône. Ce qui permet, en cas d'avarie sur l'une des lignes d'assurer tout de même l'alimentation en électricité et d'éviter des pannes", précise encore Jean-Michel Elhinger. Ces nouvelles installations ont été présentées et inaugurées ce vendredi, au poste électrique de Seuil, près de Rethel et en présence du président du directoire de RTE, François Brottes.

C'est un projet du vingtième siècle ! Christophe Dumont d'Europe Ecologie Les Verts

Le chantier de cette ligne THT entre Reims et Charleville-Mézières a démarré il y a 18 mois mais la consultation, elle a pris plus de temps. Six ans en tout. RTE et les collectivités ont discuté notamment avec la chambre d'agriculture car le tracé traverse pour l'essentiel des parcelles agricoles dans la Marne et dans les Ardennes. Pour Jean Michel Elhinger, les pertes de terrain seront "dans l'ensemble compensées par la récupération d'autres terres jusqu'ici amputées par l'ancienne ligne THT".

J'essaie de passer le moins de temps possible sous la ligne. Michel Hot, agriculteur

Installé au nord de Rethel, dans la commune d'Auboncourt-Vauzelles, Michel Hot, agriculteur n'a perdu que quelques mètres carrés à cause du pylône installé sur ses parcelles de maïs. Mais cette construction le dérange au quotidien lors des travaux dans les champs. "On fait bien attention a contourner le pylône", explique t-il. Il s'inquiète aussi des champs électromagnétiques dont l'impact "n'est certainement pas neutre". Alors l'agriculteur essaie de "passer le moins de temps possible sous la ligne".

La ligne THT traverse les parcelles de Michel Hot, agriculteur dans les Ardennes - Radio France
La ligne THT traverse les parcelles de Michel Hot, agriculteur dans les Ardennes © Radio France - François Sauvestre

La ligne THT ne compte pas que des soutiens. Europe Ecologie Les Verts (EELV) dénonce régulièrement ce genre de projet. Pour Christophe Dumont, responsable du parti dans les Ardennes et ancien conseiller régional de 2010 à 2015 "les projets gigantesques comme celui ci n'ont plus leur place". Il faut, selon lui "privilégier les circuits courts pour acheminer l'électricité".

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