Agriculture – Pêche

La pêche en Basse-Normandie espère renouveler sa flotte vieillissante

Par Olivier Duc, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) jeudi 29 octobre 2015 à 19:08

Port en Bessin abrite une quarantaine de bateaux de pêche
Port en Bessin abrite une quarantaine de bateaux de pêche © Radio France - Olivier Duc

Au rythme actuel, il faudra 140 ans pour renouveler l'ensemble de la flotte de pêche française. L’État a donc promis lors d'un comité interministériel d'accompagner le renouvellement de la flotte via des aides et des crédits. En Basse-Normandie, les 490 navires de pêches ont 27 ans de moyenne d'âge.

L'annonce faite lors d'un comité interministériel à Boulogne-sur-Mer d'accompagner le renouvellement de la flotte de pêche va dans le bon sens selon les professionnels Bas-Normands. Ils attendent désormais du concret. "Les intérêts sont multiples", énumère Richard Brouzes, le directeur de l'organisation des producteurs-marins pêcheurs de Basse-Normandie. 

"Il y a d'abord la sécurité des marins qui vont à bord. Il y a la facilité de travail et la qualité du poisson avec un meilleur traitement, l'économie d’énergie avec les nouvelles motorisations et puis une meilleure rentabilité du bateau parce que, qui dit vieux bateau dit entretien élevé et immobilisation fréquente", ajoute-t-il. 

Daniel Lefèvre, le président du comité régional des pêches de Basse-Normandie attend également une rapide mise en oeuvre. "Il faut absolument qu'on renouvelle ces flottilles. C'étaient des bateaux qui étaient valables il y a trente ans, ils ne le sont plus maintenant".

Un chalutier construit il y a quatre décennies

A Port-en Bessin, près de Bayeux, les navires de pêche ont la même moyenne d'âge que les autres unités en Basse Normandie, c'est à dire environ 27 ans. Le bateau de pêche le plus ancien, désormais à quai, accuse plus de quatre décennies. Peu de patrons sont au courant de ces annonces. Stéphane André est le propriétaire du Sagittaire, un chalutier de 23,6 mètres construit en 1990 et coincé à quai après une série d'avarie.

Je ne vais pas me mettre deux millions d'euros sur le dos

"Cette année, mon navire a été immobilisé cinq mois", s'inquiète le patron-pêcheur. "Il faut qu'on relève la tête et que l'on arrive à repartir parce que ça va être dur avec les banques. Et puis là, je manque la meilleure saison". Après avoir déjà perdu un navire dans un incendie, Stéphane n'imagine pas en revanche acheter une construction neuve. "A mon âge (46 ans), je ne me vois pas me mettre deux millions d'euros sur le dos."