Agriculture – Pêche

La production de reblochon en baisse alors que les fêtes approchent

Par Alexandre Berthaud, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu jeudi 1 décembre 2016 à 6:00 Mis à jour le jeudi 1 décembre 2016 à 8:00

Le reblochon, best-seller de l'hiver.
Le reblochon, best-seller de l'hiver. © Radio France

La production de lait nécessaire à la fabrication du reblochon a baissé de 10% depuis septembre alors que la consommation va augmenter avec l'hiver. Les producteurs ont du mal à fournir les distributeurs, quand petits et grands fromagers n'ont pas autant de fromage en stock qu'ils le souhaiteraient.

D'octobre à mars, grandes surfaces et producteurs vendent deux fois plus de reblochon (AOP) que lors des six autres mois de l'année. Chaque hiver marque donc un pic de consommation, encore plus important à l'approche des fêtes, où les friands de tartiflette se régalent. D'habitude pas d'inquiétude, sauf que cette année la production de lait a baissé de 10%. La faute à la météo.

Pas assez de pluie cet été

En 2016 il n'a pas plu au bon moment. Au printemps il y avait trop de pluie, en juin pas assez, et à la fin de l'été non plus. Résultat les vaches laitières n'avaient pas assez d'herbe à brouter en fin d'été, et maintenant qu'elles sont rentrées dans les étables, le fourrage n'est maintenant pas de qualité suffisante. Et impossible d'en importer d'ailleurs, car les règles de l'AOP stipulent que le fourrage doit venir de la zone de production.

"On a du mal à fournir à la fois la vente directe, et à la fois la coopérative du reblochon de Thônes" - Pierre Angeloz-Nicoud, producteur à Saint-Jean-de-Sixt

Conséquence pour les producteurs, moins de rémunération chaque mois, et le coût d'alimentation des bêtes augmente. Pour les coopératives et autres grandes fromageries, en relation avec la grande distribution, le problème est le même. "On pourra fournir tous nos clients, mais certaines commandes risquent de ne pas être complètes", explique Eric Dubois, responsable commercial de la fromagerie Masson.

Les prix resteront stables

Pour les petits commerçants, qui vont se fournir directement chez les producteurs, le problème est le même. "C'est vrai qu'on est un peu rationnés", sourit Jean-Noël Martin, gérant avec sa femme d'une fromagerie en centre-ville de Chambéry, "surtout les semaines avant les fêtes, car les coopératives et producteurs essaient de garder un petit semblant de stock". Car la demande augmente encore plus fortement lors des vacances de Noël.

Malgré tout, les prix pour la grande distribution sont de plus en plus fixés à l'avance par des centrales d'achat. S'ils augmentent car la demande dépasse l'offre, ce ne sera pas tout de suite, ou cela ne concernerait que la vente directe chez le producteur. Pas d'inquiétude de pénurie non plus, il y aura bel et bien du reblochon dans les rayons, mais peut-être un peu moins que ce que les distributeurs voudraient.

Partager sur :