Agriculture – Pêche

Une récolte de blé "catastrophique" en Ile-de-France

Par Fanette Hourt, France Bleu Paris Région et France Bleu mardi 9 août 2016 à 19:11

Les rendements baissent de 40% en Île-de-France, par rapport aux cinq dernières années.
Les rendements baissent de 40% en Île-de-France, par rapport aux cinq dernières années. © Maxppp - Maxppp

La moisson n'est pas tout à fait finie. Mais les estimations sont très mauvaises pour le bassin parisien.

"Du jamais vu depuis plus de 30 ans", selon Agritel. Cette société spécialisée dans les marchés agricoles a fait les comptes. Elle a récolté les premiers chiffres des récoltes de blé tendre. Résultat : comme pressenti dès le début de la moisson, les rendements sont catastrophiques, partout en France, mais surtout en Île-de-France.

Gautier le Molgat, directeur général adjoint d'Agritel.

Les céréaliers franciliens récoltent quasiment deux fois moins de blé que d'habitude. Agritel estime en effet une baisse 40% du rendement par rapport aux cinq dernières années, "dans des régions qui pourtant sont dites spécialisées", explique Gautier le Molgat, le directeur général adjoint d'Agritel.  Le pire résultat en France. "C'est la déprime dans les campagnes tout autour de Paris, à cause de ces rendements extrêmement faibles."

La faute au mauvais temps

Ce sont les conditions météorologiques qui expliquent cette mauvaise récolte. "L'augmentation très forte de la pluie et le faible ensoleillement ont engendré un contexte de développement des cultures extrêmement mauvais. A la sortie de l'hiver, les cultures étaient magnifiques, on n'avait presque jamais vu ça, mais tout a fondu en très peu de temps", décrit Gautier le Molgat.

Ailleurs dans le monde, à l'inverse, la récolte a été exceptionnellement bonne. Le cours mondial du blé va donc rester bas, et les prix aussi. Les agriculteurs ne peuvent donc même pas espérer se rattraper. Agritel estime que les céréaliers vont perdre plus de 500 euros par hectare.

A la sortie de l'hiver, les cultures étaient magnifiques, on n'avait presque jamais vu ça, mais tout a fondu en très peu de temps.

Ceux qui vont particulièrement souffrir, ce sont évidemment les exploitations qui ont déjà des difficultés, et qui n'ont quasiment pas de trésorerie, mais aussi les jeunes agriculteurs qui viennent de s'installer. Cela pourrait même aller jusqu'à la faillite dans certains cas.

Les syndicats agricoles FDSEA et JA de Seine-et-Marne ont fait le même constat. Ils étaient réunis en conseil extraordinaire de crise, au début du mois d'août. Ils parlent de 60% de baisse de rendement dans le département. Ils demandent à l'Etat d'actionner "tous les leviers possibles" afin de passer ce cap difficile. Ils vont d'ailleurs mobiliser prochainement les acteurs de filières et les collectivités pour mettre en place un plan d'actions.