Agriculture – Pêche

Lactalis : vers une action nationale après les discussions de ce week-end

Par Germain Treille, France Bleu Breizh Izel, France Bleu Mayenne et France Bleu samedi 27 août 2016 à 18:46

Des banderoles sur les grilles de l'usine Lactalis à Laval
Des banderoles sur les grilles de l'usine Lactalis à Laval © Radio France

Après la levée du camp vendredi soir, les syndicats discutent tout le week-end sur la nouvelle stratégie à adopter pour faire plier le géant Lactalis. On se dirige vers une action nationale la semaine prochaine.

Après une semaine d'occupation pacifique sur le rond-point, face à un siège de Lactalis (Laval), l'action changera de forme à partir de lundi. C'est ce qu'explique, Philippe Jehan, président de la FDSEA 53, après les discussions syndicales samedi, et qui se prolongeront encore tout le week-end. "On va passer à une action nationale, c'est désormais le mot d'ordre. Tout ça se définira précisément en fin de semaine, début de semaine prochaine. Mais désormais, c'est la FNSEA à Paris qui gère les actions locales. Et on sera là sur le terrain, avec les collègues des autres départements du pays", prévoit Philippe Jehan.

Des actions coup de poing seront sûrement menées, à l'image de ces agriculteurs de la FDSEA qui ont retiré des produtis Lactalis dans un supermarché du Nord à Louvroil samedi. "Quand on passera à l'action, Lactalis va s'en souvenir toute sa vie !", explique Philippe Jehan, visiblement requinqué après le 2e échec des négociations vendredi. Ce soir-là, à la tribune, lui et Jeremy Tremeau, président des Jeunes Agriculteurs, apparaissaient émus, mais déterminés à faire remonter le prix du lait.

Pour Stéphane le Foll, Lactalis "ne peut pas payer le prix le plus bas en France"

Selon la FDSEA 53, Lactalis a proposé lors de ce 2e round de négociation 269 euros la tonne de lait, alors que ses concurrents les moins chers sont à 275. "Le gouffre était trop grand, on ne grappillait que des miettes heure par heure. Lactalis se montre toujours inflexible", avaient expliqué les négociateurs.

Ces prix bas, qui ne permettent pas aux producteurs de vivre décemment, font réagir jusqu'au ministre de l'Agriculture. Dans la journée de samedi lors d'un déplacement en Sarthe, Stéphane le Foll a expliqué que "Lactalis ne peut pas payer le prix le plus bas de toutes les laiteries en France". Avant de continuer : "Lactalis est le numéro un mondial des produits laitiers [...] et je considère que ce n'est pas acceptable et qu'il doit y avoir de la part de Lactalis l'effort qui consiste à se mettre au niveau de tous les autres. Il n'y a pas de raison que Lactalis soit en-deça" a argué le ministre.

Une troisième négociation sera menée dans les prochains jours entre Lactalis et les représentants de producteurs, toujours avec l'objectif de sortir de cette crise. Reste à connaître la date précise pour une nouvelle rencontre autour de la table.

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