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Lancée bien en avance en Limousin, la saison des foins est toujours plus soumise au dérèglement climatique

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Par , France Bleu Limousin

Elle a démarré depuis la semaine dernière en Limousin. La saison des foins est lancée avec 15 jours d'avance par rapport à une année normale. S'il s'avère être de bonne qualité cette année, le foin ne devrait pas l'être en quantité car il est, de plus en plus, soumis à l'évolution du climat.

En Limousin, la saison des foins est lancée
En Limousin, la saison des foins est lancée © Radio France - Nicolas Blanzat

La saison des foins est lancée en Limousin. Depuis la semaine dernière, les agriculteurs ont ressorti leurs faucheuses et leurs presses afin de constituer un stock de fourrage pour les animaux dès qu'il y en aura besoin. Cette saison des foins est lancée avec 15 jours d'avance environ par rapport à une année normale, du fait d'une météo très clémente et peut-être même trop clémente. " On le mesure de façon très simple avec un outil qui s'appelle la somme des températures ", lance Stéphane Martignac, conseiller fourrage et évolution du climat à la chambre d'agriculture de Corrèze. " Tous les jours, à partir du 1er février, on relève les températures minimales et maximales. On les additionne et on divise par deux. S'il fait 3 degrés le matin et 10 l'après-midi, cela fait une moyenne de 6,5 degrés sur la journée. Cela permet d'atteindre progressivement des seuils. Cette année, pour les foins, on note 15 jours de précocité ". Il faut dire qu'il a fait bien plus chaud que la normale depuis le début de cette année, et cela commence à devenir très fréquent. Si bien que le dérèglement climatique pèse désormais de plus en plus sur la quantité de foin produit.

Conditions idéales et foin de très bonne qualité...

Avec son tracteur orange, Etienne Vialle passe ses journées à faire les foins en ce moment. " Les conditions sont parfaites " dit celui qui est installé en Gaec en production laitière et viande à Dampniat, en Corrèze. Il fait très beau plusieurs jours durant et il y a aussi du vent, parfois soutenu, ce qui est idéal pour faire sécher l'herbe. La qualité du foin, fauché à maturité, est aussi au rendez-vous. " L'herbe est moins épiée et plus feuillue. C'est là que se situe la valeur de l'herbe, donc c'est du très bon travail ".

Un foin de très bonne qualité cette année en Corrèze
Un foin de très bonne qualité cette année en Corrèze © Radio France - Nicolas Blanzat

... mais la quantité est très disparate

Mais la quantité, elle, est très variable selon la localisation du pré et la structure du sol, parfois au sein d'un même pré. " Dans les terrains frais et les fonds de vallées, les rendements sont corrects. Mais sur les buttes, c'est moins bon " reprend Etienne Vialle, qui le constate lui-même sur la parcelle visitée ce mercredi à Malemort, avec une partie proche de la rivière Loyre, et l'autre plus en hauteur. Il y a parfois de 30 à 40% de rendement en moins du fait d'une météo détraquée et qui a beaucoup d'impact sur l'herbe. " Après la sécheresse de l'été dernier et un déficit d'eau qu'on n'avait jamais connu, les pluies ont démarré en octobre sur des sols fatigués " détaille Stéphane Martignac de la chambre d'agriculture, " les plantes ont eu du mal à repartir et il y a tout de suite eu des excès d'eau en octobre qui n'ont pas facilité le redémarrage. Ensuite, l'hiver a été très très doux avec un déficit hydrique sur janvier et février de l'ordre de 50% à Brive par exemple, avec 40 millimètres par mois au lieu du double. Enfin, il y a eu cinq semaines sans pluie entre mi-mars et mi-avril, ce qui fait que les plantes ont peiné car, en même temps, les températures étaient au rendez-vous pour favoriser leur développement. Du coup, les graminées ont immédiatement sorti leurs épis pour pouvoir se reproduire, et la quantité d'herbe a baissé ".

Les agriculteurs vont devoir faire preuve de réactivité

Également impliqué dans le programme AP3C (adaptation des pratiques culturales au changement climatique) mené à l'échelle du Massif-Central, il en fait valoir quelques éléments à l'échelle des onze départements concernés, dont la Corrèze. " On s'aperçoit que sur l'année on risque d'avoir la même quantité d'eau, mais que sa répartition va être pénalisante " continue le technicien agricole, " ce qui veut dire que les périodes, comme on vient de le connaître, de cinq semaines sans eau au printemps est un phénomène qu'on risque d'avoir de plus en plus ". Les agriculteurs vont donc devoir faire évoluer leurs pratiques au prix d'une adaptation et d'une réactivité permanente. " On fait du foin en mai, pour la deuxième année de suite on a fait des coupes d'herbe pour l'ensilage fin mars, et peut-être qu'il faudra faire des coupes en fin d'année " reprend Etienne Vialle, bien conscient des problématiques avec lesquelles il faut désormais composer. " Il ne faut plus se dire que les ensilages se font en mai et les foins en juin. Il faut s'adapter aux nouvelles conditions climatiques ."

La saison des foins bat son plein pour Etienne Vialle, agriculteur installé à Dampniat, en Corrèze
La saison des foins bat son plein pour Etienne Vialle, agriculteur installé à Dampniat, en Corrèze © Radio France - Nicolas Blanzat

Mais il se veut positif : si la pluie arrive après cette coupe précoce, une deuxième pourrait s'envisager plus tard dans l'été. " Il y a déjà eu un coup de pluies orageuses le 23 mai, assez précoces pour la saison " constate Stéphane Martignac, " mais, en général, elles permettent bien une deuxième repousse de l'herbe. Sinon, à défaut de deuxième coupe, il pourrait y avoir une repousse intéressante pour permettre le pâturage des vaches ". Pour aider les agriculteurs dans leur prise de décision, il rédige chaque semaine un 'avertissement herbe' diffusé gratuitement à environ 600 exploitants corréziens, où il distille également d'autres conseils agronomiques.

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