Agriculture – Pêche

Laval : les marchands de bestiaux font de la résistance

Par Claudia Calmel, France Bleu Mayenne mardi 5 janvier 2016 à 22:53

Négociations au foirail de Laval
Négociations au foirail de Laval © Radio France - Claudia Calmel

Ils ont décidé de braver la décision des autorités : les marchands de bestiaux du foirail de Laval ont acheté et vendu des bovins ce mardi, comme si de rien n'était. Le syndicats mixte qui gère le marché a pourtant voté sa fermeture : il est officiellement hors-service depuis mardi dernier.

Un peu plus de 200 bovins qui déambulent dans les parcs : le tableau ressemble à s'y méprendre à celui d'un mardi ordinaire au foirail de Laval. Sauf que le marché au bestiaux mayennais a officiellement baissé le rideau il y a une semaine. Et que la séance du jour n'a aucunement été validée par les autorités.

On demande juste à pouvoir travailler !

Ils sont arrivés à l'aube. Des habitués du foirail, qui n'auraient manqué cette séance un peu particulière pour rien au monde. Les broutards sont sortis des camions dès 6h30. Les bovins adultes, dans la foulée. Comme chaque mardi, vendeurs et acheteurs vont discuter, négocier, plaisanter ou boire un café. Certains bovins iront directement à l'abattoir, d'autres chez un éleveur pour engraissement. Une matinée au forail, en substance.

Le foirail de Laval - Radio France
Le foirail de Laval © Radio France - Claudia Calmel

Mais dans les allées, on parle aussi de la décision du syndicat mixte qui a entériné la fermeture du marché lavallois. Les négociants présents ont décidé de passer outre.

Jean-Paul Weber, le président des négociants en bestiaux de la Mayenne - Radio France
Jean-Paul Weber, le président des négociants en bestiaux de la Mayenne © Radio France - Claudia Calmel

Jean-Paul Weber, le président des négociants en bestiaux de la Mayenne parle d'un non-sens : " Si on devait fermer tous les magasins qui ont des difficultés, il n'y aura plus beaucoup de boutiques à Laval ! Les 300 animaux qu'on proposent chaque semaine intéressent du monde !  Notamment les "petits" vendeurs, qui ont une trentaine d'animaux à proposer chaque semaine. Ce marché leur permet de trouver des acheteurs qui leur prennent leur lots. Du coup, ils n'ont pas besoin d'aller à Châteaubriant où le marché est saturé ou à Cholet qui est à 150 km. On veut juste qu'on nous laisse notre outil de travail."

Une activité en forte baisse

Le foirail de Laval a, en effet, perdu de sa superbe : 90.000 bovins y transitaient chaque année dans les années 1990. Il y en a à peine eu 9000 l'an dernier.

Bovins en parcs au foirail de Laval  - Radio France
Bovins en parcs au foirail de Laval © Radio France - Claudia Calmel

Baisse liée aux crises sanitaires successives et à des changement de pratiques chez les éleveurs mayennais pour Marcel Blanchet, le président du syndicat mixte du foirail de Laval : "Ce marché ne correspond plus à l'activité agricole d’aujourd’hui. Il y a 30 ou 40 ans, les agriculteurs étaient naisseurs et produisaient du maigre, maintenant, l'agriculteur est naisseur-engraisseur : il n'y a plus de de transit entre la partie "broutards" et la partie "engraissement". Ce n'est pas sans pincement au cœur qu'on a décidé de fermer ce foirail. Mais depuis 2010, Laval agglomération a versé en moyenne 40.000 euros de subventions au marché aux bestiaux. Il ne peut pas survivre uniquement grâce à des aides publiques."  

Un terrain bientôt en vente ?

Le terrain de 8 hectares où est situé le foirail appartient à la ville de Laval. Il pourrait bientôt être revendu à des entreprises qui cherchent à se développer dans la zone d'activité des Touches. Les habitués du foirail demandent à pouvoir en conserver une partie pour continuer leur activité. Ils affirment être en mesure de reprendre la gestion du site et et d'organiser les transactions et le nettoyage des parcs post-marché par leurs propres moyens. Des représentants des négociants en bestiaux ont demandé à être reçus par le maire de Laval... sans réponse, pour l'instant.

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