Agriculture – Pêche

Le choucas des tours, terreur des plants de maïs en Finistère

Par Benjamin Bourgine, France Bleu Breizh Izel lundi 15 août 2016 à 8:00

Damien Dobronel et son champ de maïs, partiellement dévasté par les attaques de Choucas des Tours
Damien Dobronel et son champ de maïs, partiellement dévasté par les attaques de Choucas des Tours © Radio France - Benjamin Bourgine

C'est un petit oiseau noir et très intelligent. Sa population est en augmentation exponentielle dans le Finistère, et les dégâts qu'il peut commettre sont parfois terribles. Le préfet du Finistère veut limiter son expansion.

"Il est très intelligent  !", Damien Dobronel n'hésite pas à complimenter ce petit volatile qui pourtant lui crée tant de soucis. Le Choucas des Tours est devenu son cauchemar depuis le printemps dernier. Damien élève des vaches, en agriculture bio, à Clohars-Carnoët en Sud-Finistère.

Conversion en bio un peu compliquée

Damien Dobronel est dans la première année de conversion de son exploitation en Bio, et il fait encore pousser du maïs ensilage. Peine perdue pour le maïs, cette année, plusieurs hectares ont été dévastés par une colonie de Choucas des Tours. Une perte de plusieurs centaines d'euros. Et vu le contexte du prix du lait, c'est une tuile de plus.

Il tire sur le plant, et mange la graine, rien ne repousse - Damien, agriculteur

"Je ne dis pas qu'il faut détruire tous les choucas ou les corneilles, mais il faut les limiter. Ces oiseaux n'ont pas de prédateurs ! Ils ont le nichoir sur les églises ou sur les châteaux d'eau et ils ont le garde-manger autour. Allez voir dans les villages après les marchés, la place est noire de Choucas."

Indemniser les dégâts ?

Pour les responsables de la chambre d'agriculture, c'est simple : soit la Préfecture agit pour réduire la population de Choucas des Tours, soit elle indemnise les pertes liées à ce volatile sur les exploitations. L'idée retenue est plutôt la première.

Description du Choucas des Tours, dans la référence du domaine : Le Guide Ornitho - Aucun(e)
Description du Choucas des Tours, dans la référence du domaine : Le Guide Ornitho - © Svensson-Mullarney-Zetterström Editions Delachaux & Niestlé

Jusqu'à 5000 tirs cette année, au lieu de 2000

Jusqu'à présent, la Préfecture du Finistère autorisait 2000 "tirs" par an de ces oiseaux pourtant protégés, afin de tenter d'endiguer leur progression. Pour l'année 2016, ces dérogations pourraient atteindre, en plusieurs dérogations, 5000 en tout. Explication des services de l'Etat dans le Finistère : "Ce quota de 5000 devraient nous permettre de répondre aux problèmes des agriculteurs dans les endroits les plus sensibles. On est sur une gestion de cas particulier."

Les doutes de la LPO

En revanche, les défenseurs des oiseaux sont dubitatifs. Pour la LPO, augmenter les tirs n'aura que peu d'impact sur l'ensemble de la population de Choucas des Tours. Et augmenter le quota après l'été semble assez improductif pour l'un des porte-parole de la LPO en Bretagne, Gilles Bentz, basé dans les Côtes d'Armor : "C'est surtout au printemps et en été qu'il y en a beaucoup. On n'est pas forcément contre le tir de quelques oiseaux. A condition que ce soit suivi d'évaluation sur les effets sur la population, et aussi sur les dégâts, pour voir si ça a une réelle efficacité. Par exemple, les exploitations qui sont touchées dans les stocks, on s'aperçoit qu'investir dans des bâches tissées de bonne qualité suffit parfois pour empêcher les choucas de les percer."

Les comptages de la préfecture du Finistère - Aucun(e)
Les comptages de la préfecture du Finistère - DDTM préfecture du Finistère

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