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« Le ciel est avec nous » : horticulteurs et jardineries reprennent du service dans le Grand Est

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C'est un immense soulagement pour les horticulteurs et les jardineries. Sur décret du gouvernement, les plants potagers sont désormais des biens de première nécessité. Ainsi, depuis quinze jours, les professionnels relancent les ventes. Une délivrance, en pleine saison des plantations.

Après un mois de mars catastrophique, ça y est : les jardineries et horticulteurs du Grand Est peuvent relancer les ventes de plants potagers. Après un mois de mars catastrophique, ça y est : les jardineries et horticulteurs du Grand Est peuvent relancer les ventes de plants potagers.
Après un mois de mars catastrophique, ça y est : les jardineries et horticulteurs du Grand Est peuvent relancer les ventes de plants potagers. © Maxppp - Frédéric Cirou

"Le 17 mars, le ciel nous est tombé sur la tête. Maintenant, il est avec nous", lance Jean-Paul Delacour, producteur de plantes, fruits et légumes à Dombasle, près de Nancy. A la tête de son entreprise Jardin Delacour, le Lorrain a passé un mois de mars très difficile.

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"Du jour au lendemain"

"Un peu comme tout le monde, dit-il. On venait tout juste de reprendre nos activités, car nous sommes fermés en décembre, janvier et février. On commençait à vendre nos premiers plants de salades ainsi que nos pensées, nos primevères et nos renoncules. Et puis, du jour au lendemain, tout s'est arrêté. On a réduit nos horaires d'ouvertures et on ne vendait plus que nos salades, nos radis ainsi que quelques pommes et pommes de terre des côtes de Meuse. Il n'y avait pratiquement plus de rentrée d'argent".

Fin mars, les clients ne sont plus au rendez-vous : Jean-Paul Delacour fait face à une baisse brutale d'activité. "Très vite, on a compris qu'il fallait jeter nos fleurs de printemps, alors qu'elles étaient magnifiques," déplore l'horticulteur. 

Biens de première nécessité

Au début du mois d'avril, c'est un revirement gouvernemental. L'exécutif autorise de nouveau la vente de plants potagers, désormais considérés comme biens de première nécessité. "Cela nous a permis d'élargir notre gamme de production."

Depuis quinze jours, il faut être honnête, on a beaucoup de chance. 

"On est à la conjonction de deux phénomènes : une énorme disponibilité de nos clients car ils sont confinés et ceux qui ont un jardin se sont mis à en profiter de manière intensive, ainsi qu'une météo extrêmement clémente qui incite les gens à venir acheter des plants potagers," poursuit le Meurthe-et-Mosellan.

Depuis, l'activité reprend "presque normalement" pour Jean-Paul Delacour. "Mais j'ai une pensée très émue pour les restaurateurs, parce que ça va être très compliqué pour eux. Nous, on s'en sort : on va avoir nos productions de fraises qui vont démarrer et cela va recréer une activité relativement importante."

"Du gel partout et des caddies limités"

Pour autant, on est très loin d'un retour à la normale. Dans ce contexte de crise sanitaire, il faut accueillir salariés et clients dans les meilleures conditions de sécurité. "Toute notre équipe de vente est équipée de visières parce que les masques sont totalement insupportables à 35 degrés, détaille l'horticulteur. On a installé un lavabo, il y a du gel partout, les caissières sont protégées, tout le monde travaille avec des gants. Et tout ça, on l'a fait dans l'urgence".

On a un cahier des charges : toutes les heures, les salariés se lavent les mains et on désinfecte les caddies deux à trois fois par jour.

"A notre grande surprise, les clients sont extrêmement respectueux. On limite les entrées et les gens attendent avec beaucoup de sérénité, personne ne s’énerve et surtout ils sont nombreux à enfiler un masque avant de rentrer dans le magasin. C'est très agréable car ils nous protègent beaucoup."

Jean-Paul Delacour peut également compter sur la solidarité des habitants du territoire. Le maire de Rosières, ville voisine, lui a fourni du gel et des masques. Un habitant de la commune lui a même confectionné une dizaine de visières de protection grâce à son imprimante 3D. "L'élan de générosité est énorme," conclut Jean-Paul Delacour qui va maintenant pouvoir se consacrer pleinement aux fraises du mois de mai.

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