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Le crabe bleu, une espèce sous surveillance en Occitanie

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Par , France Bleu Hérault, France Bleu

Repéré pour la première fois dans les Pyrénées Orientales en 2017, le crabe bleu gagne du terrain. Présent désormais dans l'Hérault et en Camargue, il est étroitement surveillé car potentiellement invasif.

Le crabe bleu est présent et consommé depuis longtemps aux Etats-Unis
Le crabe bleu est présent et consommé depuis longtemps aux Etats-Unis © Getty - André Chung

En France, le crabe bleu est une espèce dite "exotique" : arrivée des Etats-Unis, elle s'est d'abord installée en Espagne, dans le delta de l'Ebre en 2012, avant de rejoindre les côtes françaises par les Pyrénées-Orientales, en 2017, à raison d'une quinzaine de kilomètres que cet excellent nageur peut parcourir quotidiennement. Aujourd'hui, son évolution est étudiée de près, tant les conséquences de son développement peuvent être considérables et même nuisibles, dans de nombreux domaines : environnemental, commercial, sanitaire ou touristique. 

Sa présence peut nuire à l'écosystème et aux activités humaines selon Lauriane Vasseur

En effet, comme nous l'explique Lauriane Vasseur, chargée de mission pêches au Parc naturel marin du golfe du Lion, l'espèce peut devenir "envahissante" si sa présence "bouscule celle des espèces déjà présentes, si elle appauvrit le stock de nourriture de ses voisins, ou si elle pose problème aux activités de pêche et aux activités touristiques". 

L'exemple tunisien 

En Tunisie, un cousin du crabe bleu présent en France s'est implanté ces dernières années, et prolifère au large des îles Kerkennah. La raison probable ? Un prélèvement trop important de l'un de ses principaux prédateurs : le poulpe. Est-ce pour la même raison qu'il est parvenu à gagner les côtes françaises ? Pour l'heure, pas de réponse, mais des études. 

Ce que l'on constate, en revanche, c'est que chaque pêcheur tunisien prélève aujourd'hui 200 à 300 kilogs par jour, et que 80 tonnes sont désormais relevées chaque année

Une bonne chose ? 

De manière générale, l'implantation d'une espèce exotique n'est jamais très positive pour l'environnement et l'activité locale. Le crabe bleu, par exemple, est un redoutable découpeur de filets de pêcheurs et un grand consommateur de moules, d'huîtres et de petits poissons. 

Seulement, dans la mesure où il apparaît impossible de l'éradiquer, en raison d'un coût humain et financier trop élevé, les autorités privilégient de le contenir, de limiter les dégât et d'en tirer le plus possible de bénéfices. De fait, la chaire de ce crustacés est délicieuse, mangée sous forme de beignets aux Etats-Unis et très recherchés dans certains endroits du monde, comme en Asie. Ainsi, elle pourrait devenir une source de profit pour les pêcheurs, au niveau local. 

Les actions mises en place 

Après le premier signalement d'un pêcheur en 2017, une fiche de signalement a été mise à la disposition de tous les observateurs potentiels sur le terrain (lieu, taille, genre, présence d'oeufs sur une femelle, population). Deux ans plus tard, 31 signalements étaient recensés alors que les responsables du Parc marin du golfe du Lion constataient que le crabe bleu avait étendu encore son territoire, en rejoignant l'Hérault et l'étang de Berre, à Marseille. Au total : quatre-cent individus repérés, essentiellement dans l'étang de Canet-Saint-Nazaire et en Camargue.

Un réseau d'observateurs a donc été créé dans toute l'Occitanie et des tests sur des prototypes de casiers qui permettent sa capture en lagune ont été lancés. Aujourd'hui, une dizaine de pêcheurs professionnels l'observe et le prélève dans les Pyrénées Orientales avec des casiers adaptés. Ces prélèvements, qui ont pour but de comprendre le cycle de vie de l'espèce et de détenir, in fine, les clefs pour contrôler son développement (période de migration, période de reproduction, etc). 

Il s'agit finalement d'un partenariat gagnant/gagnant : les chercheurs en apprennent d'avantage et mettent en place des mesures pour aider les pêcheurs face à un animal potentiellement redoutable. Gagnants, les pêcheurs pourraient aussi l'être sur le plan financier, dans la mesure où il n'est pas à exclure de pouvoir un jour commercialiser le crabe bleu. Ce dernier est en effet un met déjà très apprécié, notamment par une partie de la population américaine. 

Seul aspect positif : "le crabe bleu est délicieux" indique Lauriane Vasseur

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