Agriculture – Pêche

Festival de l'élevage à Parthenay : le défi de la transmission

Par Noémie Guillotin, France Bleu Poitou samedi 23 septembre 2017 à 6:00

François Deschamps a repris la ferme familiale à Chey il y a bientôt 4 ans.
François Deschamps a repris la ferme familiale à Chey il y a bientôt 4 ans. © Radio France - Noémie Guillotin

Le Festival de l'élevage et de la gastronomie de Parthenay se déroule jusqu'à dimanche au marché aux bestiaux. 800 animaux sont présents. L’événement est placé cette année sous le signe de l'installation des jeunes en élevage.

"En Deux-Sèvres, il y a deux installations pour trois départs", résume Eric Ferré, responsable transmission à la chambre d'agriculture des Deux-Sèvres. Même si ce chiffre est stable depuis 5-6 ans, les installations ne compensent pas les arrêts d'activité. La transmission reste donc un défi important dans le département.

Aujourd'hui "il n'y a plus suffisamment de fils ou de filles d'agriculteurs pour pouvoir remplacer correctement", constate Eric Ferré. 30% des installations sont le fait de personnes qui ne sont pas issues du milieu agricole. "Si on veut assurer le renouvellement des exploitations agricoles,surtout en élevage, il faudrait augmenter à 45%", précise le responsable transmission.

"J'ai toujours souhaité fait ça, d'aussi longtemps que je m'en souvienne"

François Déchamps lui est fils d'éleveur. Il a repris l'exploitation de son père à Chey il y a bientôt 4 ans et s'occupe aujourd'hui de 65 vaches allaitantes. Des Parthenaises. C'était naturel. "J'ai toujours souhaité fait ça, d'aussi longtemps que je m'en souvienne", raconte le jeune homme de 28 ans.

Mais ce passionné l'avoue, il a eu de la chance de reprendre la ferme familiale. Car il a pu racheter seulement une partie de l'exploitation. Son père a gardé des parts. Cela fait moins d'argent à débourser. "Les banques veulent des garanties et si on demande un prêt exorbitant, c'est à peu près sûr de ne pas passer", raconte François Déchamps.

Le jeune éleveur est satisfait de ses débuts comme exploitant. "Je suis même au dessus de mes prévision d'installation. J''arrive à me dégager un revenu, 1300-1400 euros par mois", estime-t-il. Malgré les crises, François Déchamps n'a jamais hésiter à s'installer. "C'est vrai que le monde agricole ne va pas très bien en ce moment. En viande parthenaise, les cours ont chuté cette année". 40 centimes de moins sur le kilo de viande.

Mais pas de quoi démotiver le Deux-Sévrien. "Il faut tenir. Surtout que la race Parthenaise est faite pour l'avenir. C'est une production haut de gamme et c'est ce qui va être recherché à un moment donné. Ceux qui tiendront seront là pour un moment".