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Agriculture – Pêche

Le loup dans la Loire, "c'est à ne plus dormir la nuit" pour les éleveurs

dimanche 11 mars 2018 à 19:59 Par Noémie Philippot, France Bleu Saint-Étienne Loire

Le loup a été officiellement repéré pour la première fois dans la Loire fin février. Un coup dur pour les éleveurs ligériens : s'ils savaient que le loup finirait par arriver, la nouvelle est un vrai coup dur. Le retour des moutons dans les près s'annonce angoissant.

Benoît Odouard, éleveurs à Saint-Romain-les-Atheux depuis 11 ans,  ne sait pas comment protéger ses 400 brebis quand elles retourneront vivre au près.
Benoît Odouard, éleveurs à Saint-Romain-les-Atheux depuis 11 ans, ne sait pas comment protéger ses 400 brebis quand elles retourneront vivre au près. © Radio France - Noémie Philippot

Saint-Romain-les-Atheux, France

Les agriculteurs s'y attendaient, mais cette fois c'est officiel : le loup a été identifié dans la Loire pour la première fois, après une attaque fin février à Saint-Pierre-de-Boeuf, commune à la frontière entre la Loire, l'Isère et l'Ardèche.

Un sujet d'inquiétude, qui fera sûrement partie de ceux évoqués ce lundi 12 mars à l'assemblée générale de la FDSEA de la Loire, à Montbrison.

C'est une remise en question de nos systèmes d'élevage" - Benoît Odouard

Quand il a appris la nouvelle, Benoît Odouard, éleveur de brebis depuis 11 ans à Saint-Romain-les-Atheux dans le Pilat, n'a pas dormi de la nuit. "C'était loin pour moi", explique-t-il, abattu. "Mais de savoir qu'il est là... c'est une remise en question de nos systèmes d'élevage."

Abandonner des parcelles trop difficiles à surveiller

Pour l'instant, ses 400 brebis sont encore en bergerie, mais d'ici le 1er avril, elles retourneront dehors, réparties dans huit parcs différents au moins, étalés sur 90 hectares. "Ça nous arrivait, quand on savait qu'il y avait de l'eau et de l'herbe de faire sauter un jour" dans la surveillance, raconte l'éleveur.

Avec le loup, impossible. Benoît Odouard travaille seul et n'a pas les moyens d'embaucher une aide. Seule solution pour l'instant : abandonner certaines parcelles, trop loin de la ferme, mais surtout, trop près des bois où peut s'installer le loup. 

Le stress pour les animaux comme pour les éleveurs

Une attaque pourrait être fatale pour son élevage : "Il y a des avortements, des bêtes qui ne font plus d'agneaux dans les mois qui suivent les attaques." Du stress pour les animaux, mais pour l'éleveur aussi : "il y a la valeur marchande d'une bête, mais aussi une valeur affective. Pour avoir eu des attaques de chiens, c'est à ne plus dormir la nuit ! Je dois arriver à une cinquantaine de brebis à cause des chiens."

Benoît Odouard est pris de cours, plus qu'en colère. Il espère que les autorités comprendront le désarroi des éleveurs. Pour lui, abattre plus de loup n'est pas forcément une bonne solution, puisque cela conduit souvent à la dispersion des meutes. Malgré tout, la FNSEA demande d'augmenter la jauge d'autorisation d'abattage, arrêtée à 40 loups pour 2018.