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Agriculture – Pêche

Le monde agricole réagit après les suspicions de fraude sur des aides européennes

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Par , , , France Bleu RCFM

Les agriculteurs insulaires ne restent pas sans réagir après le discrédit jeté sur la profession suite à l'annonce de l'ouverture d'une enquête judiciaire pour fraude aggravée. Enquête concernant un dirigeant de la chambre d'agriculture de corse du sud et plusieurs membres de sa famille.

L'agriculture corse en émoi
L'agriculture corse en émoi © Maxppp - Christian Watier

Corse, France

Le monde agricole insulaire s'émeut après l'ouverture mercredi d'une enquête pour escroquerie aggravée. L'un des dirigeants de la chambre d'agriculture de Corse-du-Sud est soupçonné d'être impliqué, avec quatre membres de sa famille, dans une affaire de fraudes présumées à la prime européenne. Le CODAF - le comité départemental anti-fraude - a ciblé quatre exploitations bovines de la commune de Letia, dans la micro-région des Deux-Sorru, qui comptent parmi les plus gros bénéficiaires de la PAC - la politique agricole commune.  Pendant ce temps-là, hasard du calendrier, une centaine de jeunes agriculteurs de Corse était réunie à Bastelica, près d'Ajaccio, dans le cadre de la journée régionale d'information à l'installation. Cette nouvelle affaire vient incontestablement jeter le discrédit sur une profession déjà en souffrance ce qui n'empêche pas la majorité de ces jeunes agriculteurs de prendre du recul et de faire la part des choses en attendant que l'enquête soit véritablement finalisée. François Laurent Pasquali, le Président du syndicat JA de corse du sud reconnait que cette affaire remet les agriculteurs corses en mauvaise posture mais il dénonce la façon de faire de l'état expliquant qu'il peut y avoir méprise et que la plupart du temps, notamment pendant les estives, les éleveurs ne peuvent avoir toute leur bête réunies sur un même terrain. Ce dernier reconnait cependant que "des exemples de parcours frauduleux existent en Corse mais pas ce n'est pas le cas qu'ici et que cela est minime par rapport à ce qui se passe partout". 

"Il y a des gens qui se lèvent tôt le matin pour valoriser le métier" -Lisandru Angeletti, éleveur caprin-

Pour le président des JA de Haute-Corse, Florent Rangade, "la Corse est montrée du doigt injustement car l'Europe entière touche des aides et en France il faudrait aussi regarder vers les gros producteurs de céréales, là où de gros montants sont en jeu". "On est stigmatisé alors que nous, on est des petits joueurs" ajoute t-il.  

Pierre Alessandri, représentant de Via Campagnola en corse du sud, estime quant à lui que cette affaire met en évidence les disparités entre agriculteurs sur le territoire. Il évoque une agriculture à deux vitesses et dénonce certaines pratiques rendues possibles "de par le système mis en place depuis des décennies mais aussi le manque d'éthique voire d'honnêteté de certains dirigeants agricoles en corse du sud". "On arrive à des dérives importantes, constate t-il, qui font baisser les aides pour ceux qui en ont réellement besoin". Ce dernier réclame une réaction "avant que ces aides ne soient remises en cause pour tout le monde car eux qui payent sont ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts".

Pierre Alessandri, Via Campagnola de Corse du sud

Joseph Colombani, le président de la Chambre Régionale d'agriculture, regrette enfin que des mesures de prévention n'aient pas été prises avant pour éviter ce genre de dérives et que l'état préfère jouer sur la répression plutôt que la prévention.

Il y a vingt ans en arrière, l'Union européenne avait décidé de mettre la France à l'amende à cause de plusieurs dossiers frauduleux de primes à la vache allaitante dans l'île.  Vingt ans plus tard, cette nouvelle affaire pourrait à nouveau jeter le discrédit sur une profession déjà en souffrance.

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