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Agriculture – Pêche

L'agriculture biologique séduit de plus en plus d'exploitants en Pays de Savoie

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Par , France Bleu Pays de Savoie

Le nombre d'agriculteurs se convertissant à l'agriculture biologique a augmenté de 11,7% en 2018 en Savoie et Haute-Savoie. Désormais plus de 352 exploitations sont labellisées bio, soit 9000 hectares de cultures.

Alexandre Merle a fait le choix de convertir une partie de son exploitation à l'agriculture biologique.
Alexandre Merle a fait le choix de convertir une partie de son exploitation à l'agriculture biologique. © Radio France - Julie Pacaud

Serrières-en-Chautagne, France

Les agriculteurs bio sont de plus en plus nombreux en Pays de Savoie. Leur nombre a augmenté de près de 12% entre 2017 et 2018, soit 35 nouveaux exploitants. 352 exploitations sont désormais certifiées bio, ce qui représente 9000 hectares de surface. La Savoie et la Haute-Savoie sont donc des départements "où la dynamique de conversation des surfaces est importante", explique Nathalie Montfalcon, référente à la chambre d’agriculture Savoie Mont Blanc, en charge du bio. Des conversions qui concernent aussi bien les producteurs de lait, de viande, les céréaliers ou encore les maraîchers. 

"Ne pas partir à l'aveuglette"

Se convertir c'est le choix d'Alexandre Merle. Agriculteur installé depuis 1996 à Serrière-en-Chautagne, il a décidé l'année dernière de convertir une partie de ses terres. Une vingtaine d'hectares sur les 65 que compte son exploitation sont désormais dédiés à la culture de légumes biologiques, un pari pour cet agriculteur qui a cultivé pendant plus de vingt ans du soja et du maïs en agriculture conventionnelle. "J'avais besoin d'innover et de me lancer un nouveau défi sur mon exploitation, explique-t-il. Le fait d’introduire des cultures légumières, biologiques de surcroît, c'était une façon de sécuriser mon revenu et de ne plus dépendre des cours mondiaux du soja et du maïs." Mais on ne choisit pas une nouvelle production du jour au lendemain. Aussi, sa rencontre avec de futurs partenaires à été déterminante. Les consommateurs d'aliments estampillés "biologiques" augmentent de façon exponentielle, les distributeurs sont donc en demande de ces produits. Ainsi, le groupe Carrefour Market Groupe Provencia s'est engagé à ses côtés dans cette conversion, avec des contrats dans la durée sur des volumes et sur des prix. Parallèlement, la construction d'une cuisine centrale à 300 mètres de son exploitation, alimentant la plupart des cantines scolaires du département a été une vraie opportunité. "On était dans une vraie logique de proximité, explique-t-il. Des visites et des rencontres ont ainsi été organisées avec la mairie et les choses se sont mises en place au bout de deux ans de réflexion."

Des investissements lourds et une nouvelle façon de travailler 

Cette reconversion nécessite un investissement de 100 000 euros pour cet exploitant, des machines mais aux chambres froides pour stocker pommes de terres, courges et autres récoltes. Un défi qui se traduit aussi dans de nouvelles façons de travailler au quotidien. "Cela nécessite d'être hyper vigilent sur les nouvelles maladies, sur les insectes. On a très peu de produits à notre disposition et il faut être très attentif à la météo," explique Alexandre Merle. Sur ses cultures de pommes de terre, l'exploitant ne peut déposer que du souffre ou du cuivre (bouillie bordelaise), et une bâche en amidon de maïs protège ses semences de courge. Les rendements sont aussi bien moindres qu'en agriculture conventionnelle, et la rotation des cultures sur une même parcelle plus importante. Une conversion qui demande donc un investissement financier, humain mais également de la patience. Les récoltes d'Alexandre Merlin ne seront certifiées "issues de l’agriculture biologique" qu'en 2021, au bout de la troisième année de récolte, par un organisme certificateur.