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Agriculture – Pêche

Le nouveau plan loup : plus de tirs autorisés sur le Tarn et l’Aveyron

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

La barre des 500 loups en France a été franchie. Face à cette prolifération, l’État autorise plus de tirs sur le loup et des mesures de protection des troupeaux dans des zones spécifiques, notamment sur le Tarn et l’Aveyron.

La barre des 500 loups a été franchie en France
La barre des 500 loups a été franchie en France © Radio France - Luc Nobout

Toulouse, France

La France compte désormais 500 loups sur son territoire. Le seuil minimum de viabilité de l'espèce en France selon les scientifiques semble déjà avoir été atteint. La population de loups progresse plus rapidement que prévu. L'an dernier, le loup a tué plus de 12.000 brebis. Pour faire face à cette prolifération de l’espèce le gouvernement doit revoir sa copie. Pour protéger les troupeaux, il autorise notamment l’augmentation du quota de loups qu'un éleveur peut abattre en cas d'attaque.

Deux fois plus de loups abattus en 2019 

Le Groupe national loup, composé  de scientifiques, d'ONG, d'éleveurs et d'élus s’est réuni ce mardi à Lyon. Le préfet d'Auvergne-Rhône-Alpes, en charge du dossier loup, a confirmé plusieurs mesures.

La  plus symbolique est le relèvement du pourcentage de loups pouvant être tués, de 10-12% à 17-19%, comme annoncé en mars par Emmanuel Macron. Un projet d'arrêté prévoit aussi de revoir les conditions dérogatoires permettant d'effaroucher ou de tuer des loups, même si l'espèce est protégée au niveau français et européen. 

L'État finance actuellement des dispositifs de protection dans les zones de prédation (parcs électrifiés, chiens, gardiennage par des bergers). Il existe deux types de zones en fonction de la fréquence des attaques. Il est prévu d'en ajouter une troisième, un "cercle 0" pour les communes où 15 attaques ou plus ont eu lieu en moyenne sur 2016-2018. Dans ces foyers de prédation, les mesures de protection seront renforcées pour permettre un gardiennage 24h sur 24 des troupeaux par des bergers. 

Les tirs facilités  

Les conditions dans lesquelles sont effectués les tirs dans certaines zones sont facilitées, pour les rendre plus efficaces et des tirs pourront avoir lieu dès le 1er juillet, contre septembre auparavant. 

"Les montants d'indemnisation pour les animaux d'élevage attaqués par le loup seront revalorisés", ajoutent les ministères de la Transition écologique et de l'Agriculture. Dans les zones de colonisation, les éleveurs auront une aide financière pour se doter de chiens de berger. Les démarches administratives pour le financement de mesures de protection et les indemnisations en cas d'attaques seront simplifiées. 

Dans l’Aveyron, le Tarn, l’Hérault et la Lozère, où les troupeaux de brebis produisent le lait du Roquefort, une  "zone difficilement protégeable" a été définie. Les procédures d'autorisation de tirs y sont simplifiées, même en l'absence de mesures de protection des troupeaux. Une "gestion différenciée" que la Fédération nationale ovine (FNO) rejette. 

Pour la Fédération Nationale Ovine, la FNSEA ou encore la Fédération nationale bovine, "le compte n'y est toujours pas". Les organisations agricoles réclament la suppression du plafond de prélèvement, la possibilité pour les éleveurs de tirer "sans conditions", ainsi que "le prélèvement de meutes entières", pour aboutir à "zéro attaque". 

Pour les associations environnementalistes, multiplier les tirs n'est pas la bonne solution. "Tout ce qui concerne la protection des troupeaux n'avance pas", déplore Bertrand Sicard de l'association de protection des grands prédateurs Ferus. Il demande une évaluation de l'efficacité des tirs, pour savoir s'ils peuvent perturber la structure sociale des loups en meute et leur stratégie de chasse.