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Agriculture – Pêche

Le président de Nouvelle-Aquitaine veut "sortir l'agriculture des circuits de distribution longs et prédateurs"

jeudi 1 mars 2018 à 10:39 Par Nathalie Col, France Bleu Creuse et France Bleu Limousin

Grand jour pour les vaches Limousines à Paris. Ce jeudi matin, les 40 plus beaux spécimens de la race se succèdent sur le ring du concours général au salon de l'agriculture. L'occasion d'interroger Alain Rousset, le président de la Nouvelle-Aquitaine sur l'intérêt de la grande région pour l'élevage.

Alain Rousset, le président de la région Nouvelle-Aquitaine
Alain Rousset, le président de la région Nouvelle-Aquitaine © Maxppp - Quentin Salinier

Nouvelle-Aquitaine, France

Le stand région Nouvelle Aquitaine est installé au milieu des vaches, dont les Limousines, c'est une bonne image pour vous ?  

Nous sommes entre les Limousines, les Parthenaises, la Blonde d'Aquitaine et la Bazadaise. L'Aquitaine a été une région pionnière avec la volonté (NDLR : depuis quelques années) de s'installer au milieu de l'élevage. Ça compte énormément parce que c'est la vie, c'est l'image de notre territoire et de nos terroirs qui sont ici au cœur de Paris. C'est une fête et un honneur pour les éleveurs et pour moi, en tant que président de région, de présenter ça aux agriculteurs d'autres régions, aux acteurs économiques et politiques et aux parisiens qui viennent au salon.  

Votre crédo c'est de garder la valeur ajoutée de notre territoire et faire en sorte que nos agriculteurs profitent vraiment de nos produits.  Comment faire ? 

Parmi les pistes de développement, il y a l'autonomie alimentaire des animaux. Je prend un exemple : je suis un éleveur, je ne suis pas obligé d'importer du soja d'Amérique Latine, plus ou moins OGM. Donc qu'est-ce que je cultive et quels sont les conseils mis en place avec les chambres de l'agriculture et l'INRA pour ramener des protéagineux nécessaire ? Ensuite, faire une expérimentation pour aller jusqu'à l'abattage. De la maturation de la viande au conditionnement, aller au plus près du marché. Dans ce salon, comme dans d'autres salons, les grandes surfaces viennent acheter deux ou trois bêtes, parfois à prix d'or, mais c'est pas ça qui va faire vivre l'agriculture. Ce qui m'intéresse c'est donc de sortir l'agriculture des circuits de distribution longs et prédateurs.  

On voit des éleveurs se regrouper en Limousin, pour avoir des fermes collectives de 800 ou 1.000 animaux. Est-ce que c'est un bon modèle ? 

Je ne peux pas répondre directement. Il y a eu des mutualisations de matériel agricole, pourquoi pas. Mais je ne crois pas que l'avenir de l'agriculture française soit dans la reproduction du modèle hyper-concentré, hyper-dense qui existe dans d'autres pays. Comment à ce moment-là régler à la fois la qualité de l'alimentation animale - donc la qualité et traçabilité de la viande - et la santé du consommateur ? Faisons attention car il y a une contradiction entre la concentration des animaux et la qualité des animaux.   

Les agriculteurs s'inquiètent aujourd'hui de la perte de subvention dans des exploitations qui perdent leur statut de zones défavorisées. Est-ce que la région peut compenser cette perte ? 

Non. Les ressources des régions sont très faibles. Le gouvernement vient de nous prendre les deux tiers de la taxe d'apprentissage. L'Etat a, lui, la capacité d'avoir un budget lié à la croissance économique, donc qui augmente. Donc la question doit être posée au gouvernement. Sinon, il faut qu'on m'explique où je prends les 16 millions d'euros qu'il faudrait trouver chaque année. Aux lycées ? A la formation ? A la recheche ? Aux développement des entreprises ? C'est aussi bête que ça.