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Agriculture – Pêche

Le prix de vente de nos poulets est incohérent dans les supermarchés, dénoncent les éleveurs landais

mercredi 31 janvier 2018 à 6:44 Par Frédéric Denis, France Bleu Gascogne et France Bleu

Le gouvernement présentera ce mercredi un projet de loi pour encadrer les prix des produits alimentaires dans les supermarchés. Les agriculteurs landais espèrent qu'il permettra de rééquilibrer les relations entre producteurs, transformateurs et grande distribution.

Le gouvernement va présenter un projet de loi ce mercredi matin en conseil des ministres pour encadrer les prix dans la grande distribution
Le gouvernement va présenter un projet de loi ce mercredi matin en conseil des ministres pour encadrer les prix dans la grande distribution © Radio France

Mont-de-Marsan, France

Le gouvernement veut encadrer les promotions dans les grandes surfaces. Un projet de loi en ce sens sera présenté ce mercredi matin en conseil des ministres. L'objectif, c'est de mieux rémunérer les agriculteurs pour leurs produits. 

Les agriculteurs landais espèrent que ce texte, traduction concrète des Etats Généraux de l'Alimentation, permettra de rééquilibrer le rapport entre producteurs, industriels ou transformateurs et distributeurs.

"Les grandes surfaces mettent beaucoup de pression pour obtenir des baisses de prix des produits alimentaires estiment les agriculteurs landais

Si on prend l'exemple de la filière volaille, très implantée dans les Landes, on peut retrouver des poulets landais label rouge vendus entre 4€ et 9€ le kilo en grande surface. Pourtant, selon les éleveurs, cet écart dans la fourchette de prix est incohérent. Selon eux, le juste prix qui permet de rémunérer correctement tous les acteurs, se situe aux alentours de 5,50€ le kilo. 

Le double langage des grandes surfaces

Devant cet écart des prix, "le consommateur est un peu perdu" estime Bernard Tauzia, éleveur de poulets à Campagne, près de Mont-de-Marsan. "Il ne sait pas quel est le réel prix des produits" alimentaires. "Quand il y a des prix trop hauts, c'est que quelqu'un a pris trop de marges, quand il y a des prix trop bas, c'est que quelqu'un a perdu de la marge" explique l'éleveur landais.  

Les éleveurs de poulets des Landes estiment qu'ils leur manquent aujourd'hui entre dix et quinze centimes par kilo pour couvrir l'augmentation de leurs charges fixes ( eau, électricité, coûts des bâtiments sur les exploitations etc.) Ils dénoncent un discours de façade des responsables de la grande distribution.

"Les responsables des grandes surfaces disent qu'ils veulent aider les producteurs. En réalité, ils mettent beaucoup de pressions sur nos abattoirs pour obtenir des baisse de prix" Bernard Tauzia, éleveur de poulets à Campagne

Stop aux promotions incohérentes

Parmi les mesures du projet de loi du gouvernement, il y a un encadrement des promotions sur les produits alimentaires dans les grandes surfaces. Il y a aussi un relèvement de 10% du seuil de revente à perte : les supermarchés seront donc obligés de revendre au minimum un produit alimentaire au prix où ils l'ont acheté majoré de 10%. 

Les agriculteurs landais ne disent pas non aux promotions mais ils ne veulent pas de promotions incohérentes comme ce rabais de 70% récemment appliqué sur des pots de Nutella dans une enseigne de grande distribution. Bernard Tauzia plaide par exemple pour un taux de promotion de 30% maximum.

Mais si les rabais sont limités à l'avenir dans les grandes surfaces, les consommateurs se tourneront-ils pour autant vers des produits rémunérant correctement les agriculteurs ?  Les consommateurs que nous avons interrogé dans une grande surface de Saint-Pierre-du-Mont, près de Mont-de-Marsan sont partagés. 

Les Landais sont-ils prêts à délaisser les promotions pour se tourner vers des produits alimentaires correctement rémunérés aux producteurs

Beaucoup de consommateurs landais se disent prêts à faire un effort pour que les agriculteurs gagnent leur vie. Mais beaucoup se demandent si une hausse du prix des produits alimentaires ira vraiment aux éleveurs, aux maraîchers etc. 

"Si on augmente le kilo de cochon d'un euro, le problème c'est que cet euro n'ira pas directement au producteur. Il n'aura peut-être que dix centimes" Un consommateur landais

D'autres consommateurs expliquent que si certains produits alimentaires n'étaient pas en promotion, il ne les achèteraient pas. Il n'est donc pas certains que l'inversement de la construction du prix en partant de la prise en compte des coûts de production des agriculteurs (calculés grâce à des indicateurs fournis par les interprofessions) modifiera le comportement des consommateurs.