Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Le sénateur de l'Hérault Henri Cabanel fait 63 propositions pour prévenir la détresse paysanne

-
Par , France Bleu Hérault, France Bleu

Agriculteur avant d'être sénateur, Henri Cabanel publie un rapport sur la détresse paysanne. Avec sa collègue Françoise Férat, ils proposent 63 recommandations pour sortir les agriculteurs de l'isolement et mieux les accompagner en cas de difficultés.

Le sénateur de l'Hérault Henri Cabanel présente un rapport pour lutter contre la détresse paysanne
Le sénateur de l'Hérault Henri Cabanel présente un rapport pour lutter contre la détresse paysanne © Radio France - Valentin Bertrand

Deux agriculteurs se suicidaient chaque jour en 2015. C'est avec ce constat que débute le rapport "Suicides en agriculture : mieux prévenir, identifier et accompagner les situations de détresse". Réalisé par le sénateur de l'Hérault Henri Cabanel et la sénatrice de la Marne Françoise Férat, il vient d'être publié. 

Au sommaire : 63 recommandations pour alléger le fardeau des agriculteurs, et les aider en cas de difficultés. Des mesures que Henri Cabanel a égrainées vendredi à la chambre d'agriculture de l'Hérault devant une dizaine de représentants paysans.

Parmi les pistes avancées par les parlementaires, il y a notamment l'instauration de visites médicales gratuites et obligatoires tous les trois ans pour les agriculteurs ayant passé la quarantaine. Un âge où ils sont plus particulièrement vulnérables, constate Henri Cabanel. 

Ainsi, l'élu espère "changer de paradigme" afin de détecter les maux des paysans qui sont "pour la majorité des taiseux" et qui ne tireront pas d'eux-mêmes le signal d'alarme. 

Des facteurs lanceurs d'alerte

Dans le même esprit, il souhaite constituer des brigades de "sentinelles" formées pour alerter quand un paysan est en situation de détresse. Ces lanceurs d'alerte pourraient être, selon les sénateurs, des banquiers, des élus locaux ou encore des facteurs. Ces derniers sont, selon Henri Cabanel, à même de détecter certains signes : 

"Pour être moi-même agriculteur, je sais que quand on reçoit un courrier de la MSA (Mutualité sociale agricole, ndlr) ou des impôts il a de suite la peur d'avoir fait quelque chose de mal. Et d'avoir des sous à donner. Donc forcément, le premier réflexe est de mettre le courrier de côté. Le facteur peut donc détecter le mal-être chez l'agriculteur."

Lorsque ce scénario se présente, les "sentinelles" seraient censées "convaincre l'agriculteur de se diriger vers une association ou une cellule d'accompagnement pour se faire aider".

Dans son rapport, Henri Cabanel propose de créer un réseau de "sentinelles" pour détecter les agriculteurs en détresse

Faciliter les départs en vacances

Alors que 67% des agriculteurs travaillent plus de 50 heures hebdomadaires, les sénateurs veulent faciliter les prise de congés. Une mesure indispensable, à condition de la rendre accessible, estime Garance* : 

"On a déjà accès à un service de remplacement, mais seuls 80% du coût est payé. Les 20% qui restent sont à notre charge, ça représente environ 400 euros. Sauf que 400 euros, c'est souvent le salaire d'un agriculteur. Il faudrait donc une prise en charge à 100%."

Pour élargir le dispositif, le rapport propose d'augmenter le crédit d'impôt alloué aux remplacements d'agriculteurs de 50 à 66%.

Pour Garance, qui élève des ânesses, la question des vacances est essentielle pour comprendre la situation des paysans : "Moi, j'ai pris une semaine de vacances avec mon mari au mois d'août. Ça faisait dix ans qu'on en avait pas pris. Et je pense qu'il y a beaucoup d'agriculteurs qui en auraient vraiment besoin parce que la famille compte pour beaucoup. Et pour les compagnes, pour les enfants, c'est très dur aussi."

Garance* : "J'ai pris une semaine de vacances en dix ans"

Simplifier les démarches administratives

Autre source d'inquiétude, les démarches administratives occupent une part croissance du temps de travail des agriculteurs. D'où la volonté des élus d'engager une réflexion pour simplifier les démarches. Avoir des formulaires préremplis faciliterait par exemple le quotidien d'Émilie Dequiedt, éleveuse de chèvres à Avène : 

"Je consacre à peu près 30% de mon temps à l'administratif. Ça vient s'ajouter aux astreintes quotidiennes : s'occuper des animaux, faire les fromages, etc. Et ça nus arrive de remplir les papiers n'importe comment. Pour ma part, j'ai commis une erreur dans une déclaration MSA (Mutualité sociale agricole, ndlr) et j'ai eu un prélèvement de 13.000 euros. Ça fait un joli trou. A partir d'une simple erreur, vous pouvez mettre deux mois pour rattraper ce problème administratif."

Émilie Dequiedt : "Je consacre 30% de mon temps à l'administratif"

Henri Cabanel et Florence Férat viennent tout juste de présenter leur rapport au ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, et au président du Sénat, Gérard Larcher. Des arbitrages gouvernementaux pourraient en découler d'ici le mois de mai.

* Prénom d'emprunt

Choix de la station

À venir dansDanssecondess