Agriculture – Pêche

Le succès des cornichons de l’Yonne

Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre et France Bleu lundi 14 août 2017 à 4:00

Gérard Hup cultive des cornichons à Bleury depuis 30 ans.
Gérard Hup cultive des cornichons à Bleury depuis 30 ans. © Radio France - Delphine Martin

Les cornichons qu’on trouve en grande surface viennent principalement d’Inde ou de Chine, mais une poignée de petits producteurs de l’Yonne n’abandonnent pas le marché. Et les clients sont séduits.

En ce moment, c’est la saison de la récolte pour les producteurs de cornichons de l’Yonne. Depuis la fermeture de l'usine d'Amora-Maille d'Appoigny, en 2009, la production locale a beaucoup diminué, mais quelques irréductibles continuent à en cultiver.

C'est le cas de Gérard Hup, céréalier à Bleury, près d'Aillant sur Tholon. Depuis 30 ans, il cultive un hectare de cornichons. Une activité de complément pour cet agriculteur, qui fait appel à 4 ou 5 saisonniers chaque année pour la cueillette. C’est un travail long et fastidieux, qui s’étale sur deux mois, du 10 juillet au 10 septembre. "Nous faisons appel aux mêmes saisonniers depuis 20 ans", explique Gérard Hup, "ils font un peu partie de la famille". Les salariés sourient, mais ne disent rien. Ils viennent de Pologne.

Après la cueillette, chaque jour vers midi, ils apportent de gros sacs à la ferme : "les cueilleurs reviennent et vont trier les cornichons suivant le calibre. Ils vont les peser, et passer tout ça dans la machine, le trieur mécanique" explique Martine, l’épouse de Gérard Hup. La machine se met en marche. Les cornichons tombent dans de petites caisses vertes, selon leur taille. En France, les consommateurs aiment les petits cornichons, c’est donc ce que Gérard et Martine vendent le plus.

Les cornichons de Gérard Hup sont cultivés sans pesticides. - Radio France
Les cornichons de Gérard Hup sont cultivés sans pesticides. © Radio France - Delphine Martin

Cette production sans pesticides ni herbicides, Gérard Hup est fier de l'avoir continuée. "C’est un peu une histoire de famille", explique-t-il. "Mes parents faisaient du cornichon et moi aussi… " sourie cet agriculteur jovial. Son épouse aussi se souvient de ses étés d’enfance, dans les champs : "A 10 ans, je ramassais les cornichons pour mon grand-père !" Gérard Hup vend l’essentiel de sa production en direct, chez lui. Et les clients sont fidèles : "C’est grâce au bouche à oreille. Les clients habitués ont fini par faire venir leurs enfants, qui ont passé le mot à d’autres jeunes", analyse le producteur, "et puis ma production est sans pesticides ni insecticides, je pense que ça séduit les gens".

Jean-Claude confirme. Tous les ans, depuis 9 ans, ce jovinien achète des cornichons chez Gérard. Il les met en bocal lui-même, avec un petit secret pour se débarrasser des poils piquants : "Je les mets dans la machine à laver pour les nettoyer ! 30 à 40 minutes, à froid", explique-t-il en souriant. Ensuite, il les met dans des bocaux : "avec du vinaigre, des épices à cornichons, de l’estragon, des clous de girofle, des petits oignons et du laurier ". Et il garde ça pendant au moins 3 mois avant de les déguster.

Les cornichons de Gérard Hup sont vendus frais entre 3,40 et 5,50 euros le kilo en fonction des calibres. Il vend aussi des cornichons en bocaux et compte notamment le chef de l'hôtel Georges V à Paris parmi ses clients.

Chaque année, quatre à 5 travailleurs saisonniers s'occupent de la récolte pendant deux mois.  - Radio France
Chaque année, quatre à 5 travailleurs saisonniers s'occupent de la récolte pendant deux mois. © Radio France - Delphine Martin

Dans l’Yonne, il existe un autre producteur : la famille Jeannequin à Chemilly sur Yonne, qui cultive 16 hectares de cornichons et les commercialise en bocaux uniquement, sous l'étiquette « Maison Marc ». L’entreprise icaunaise compte notamment l’Elysée parmi ses clients.

Décidément, le cornichon de l’Yonne séduit les grandes tables.

Le reportage de Delphine Martin

"Je me suis dit qu'il y aurait toujours des gens pour manger des cornichons" : Gérard Hup