Agriculture – Pêche

Le Sud Côte-d'Or sous surveillance contre la fièvre catarrhale

Par Naïs Esteves et France Bleu Bourgogne, France Bleu Bourgogne mardi 15 septembre 2015 à 17:55

La fièvre catarrhale affecte les ruminants, bovins et ovins.
La fièvre catarrhale affecte les ruminants, bovins et ovins. © Max PPP

Les éleveurs sont une nouvelle fois dans la tourmente. Après la crise des prix de la viande, c'est la fièvre catarrhale qui secoue le monde agricole. Quarante-quatre communes sont sous surveillance en Côte-d'Or.

Les éleveurs sont une nouvelle fois dans la tourmente. Après la crise des prix de la viande, c'est la fièvre catarrhale qui secoue le monde agricole. Quarante-quatre communes sont sous surveillance en Côte d'Or après la découverte d'un cas de fièvre catarrhale, vendredi 11 septembre, dans l'Allier, qui jouxte la Bourgogne. Une zone de protection et de surveillance a été établie dans un périmètre de 150 kilomètres autour de l'exploitation concernée. En Saône-et-Loire, entre soixante et quatre-vingt pour cent du cheptel est concerné par des mesures de surveillance.

Dans une grande partie de la Nièvre, de la Saône-et-Loire mais aussi dans 44 communes de Côte-d'Or, la vaccination des bovins et des ovins n'a pas encore été autorisée par le ministère et les animaux ne peuvent quitter les exploitations sans une prise de sang. Le virus de la fièvre catarrhale affecte les ruminants et se traduit par de fortes fièvres, un gonflement de la tête et une langue bleue. Pour les éleveurs de charolais, bovins et ovins, le coup est rude. Ils ne peuvent plus exporter les broutards, ces veaux destinés à être engraissés en Italie. Les abattoirs continuent à fonctionner, même dans la zone de surveillance. Mais le secteur, touché par la crise des prix de la viande, comptait sur les exportations pour se relancer.

Priorité à la vaccination

Une campagne de vaccination devrait débuter dans la semaine. "Nous aurons 1,3 million de doses de vaccin à notre disposition", déclarait Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture vendredi 11 septembre en conférence de presse. "J'envisage de vacciner massivement, mais le périmètre dépendra des informations qu'on aura", a-t-il ajouté. Et notamment des résultats des analyses décidées lundi dans soixante exploitation par région.

"Les éleveurs ont plus besoin de trésorerie que d'animaux sur les exploitations, qu'il faudrait en plus nourrir avec une année de sécheresse."

Pour le président de la fédération nationale bovine et éleveur en Côte d'Or, Jean-Pierre Fleury, vacciner les bêtes devient urgent : "Il faut une première injection. Ensuite il faut attendre trois semaines. Il faut faire un rappel. Et c'est seulement après que les animaux peuvent partir. Donc ça veut qu'il faut s'attendre à ce qu'aucun animal parte de Côte-d'Or pendant un mois." Jean-Pierre Fleury demande donc que les vaccins soit distribués en priorité aux animaux destinés à l'export en calculant "semaine par semaine, le nombre d'animaux qui étaient exportés les mêmes semaines de l'an dernier."

"Ne pas couper les flux commerciaux"

Pour le président de la fédération nationale bovine, l'objectif c'est de "ne pas couper les flux commerciaux" avec les partenaires en Italie mais aussi en Espagne, en Turquie, en Algérie ou encore au Maroc. Pour les éleveurs comme Jean-Pierre Fleury, l'enjeu c'est aussi de ne pas avoir des stocks : "Les éleveurs ont plus besoin de trésorerie que d'animaux sur les exploitations, qu'il faudrait en plus nourrir avec une année de sécheresse."

Un comité de pilotage doit se tenir ce jeudi 17 septembre autour du ministre de l'Agriculture. Stéphane Le Foll devrait annoncer le calendrier et les zones de vaccination.