Agriculture – Pêche

Les agriculteurs bourguignons attendent Stéphane Le Foll

Par Maxime Bacquié, France Bleu Bourgogne jeudi 29 octobre 2015 à 18:39

Didier Robin, agriculteur à Baigneux-les-Juifs
Didier Robin, agriculteur à Baigneux-les-Juifs © Radio France - Maxime Bacquié

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll se rend à Dijon vendredi pour inaugurer la Foire gastronomique. Il va s'entretenir avec les représentants de la filière agricole, une profession en crise. Stéphane Le Foll sera aussi l'invité de France Bleu Bourgogne, en direct, à 7h50 vendredi matin.

Didier Robin, c'est l'exemple type de l'agriculteur en difficulté. Il travaille énormément, avec parfois des journées à rallonge qui s'étirent de 6h du matin à mi-nuit. Pour un salaire annuel d'à peine 10.000 euros, moins que le Smic. Ce jeune agriculteur de 32 ans a repris l'exploitation familiale en 2007, une ferme de 250 hectares de terres à céréales à Baigneux-les-Juifs, dans le Châtillonnais. Il cultive de l'orge, du colza et du blé. Seul problème, le prix des céréales est en chute libre depuis trois ans. En 2014, la tonne de colza se revendait 380 euros. Cette année, elle vaut seulement 330 euros, soit 50 euros de moins. Sachant que Didier Robin en vend une centaine de tonnes, il a fait une croix sur 5.000 euros l'an dernier. Le phénomène est le même pour le blé et l'orge. 

Son salarié était payé trois fois plus que lui

A cause de ces baisses de revenus, l'agriculteur a dû se séparer de son seul salarié il y a deux ans. Un salarié à plein temps, payé 30.000 euros par an, soit trois fois plus que son patron. Aujourd'hui, Didier Robin gère donc seul son exploitation, qui comprend aussi une cinquantaine de vaches Limousines, pour occuper les champs qui ne sont pas cultivables. 

"Ne nous oubliez-pas !" Didier Robin, agriculteur, s'adresse à Stéphane Le Foll

400 euros d'aide grâce au plan d'urgence

Didier Robin a fait le calcul, grâce au plan d'aides d'urgence présenté par le gouvernement en juillet dernier, il va recevoir 400 euros cette année. Une goutte d'eau par rapport à son chiffre d'affaire de 300.000 euros. Pour lui la solution, ce sont des prix plancher pour les produits agricoles. "Avec des prix plancher raisonnables, cela permettrait d'avoir une vision à long terme, c'est ce qui manque. Aujourd'hui, dans ce contexte, il faut être un peu fou pour se lancer dans l'agriculture" indique le jeune homme, marié et père de deux filles de 1 et 3 ans.

Didier Robin ne sera pas à Dijon vendredi pour la venue de Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, à la Foire gastronomique. Mais il a un message à lui faire passer : "ne nous oubliez-pas !" L'agriculteur poursuit : "j'ai l'impression qu'il incarne plus son rôle de porte-parole du gouvernement que celui de ministre de l'Agriculture. On se sent un peu abandonné".