Agriculture – Pêche

60% de l'agriculture de l'Hérault menacée par la future législation sur les pesticides

Par Morad Djabari, France Bleu Hérault et France Bleu jeudi 6 octobre 2016 à 18:36 Mis à jour le vendredi 7 octobre 2016 à 12:42

Les vignes héraultaises en danger
Les vignes héraultaises en danger © Maxppp - maxppp

Un nouveau texte vise à limiter les règles d'utilisation des produits phytosanitaires agricoles homologués et biologiques en France. Un arrêté qui pourrait être lourd de conséquences dans l'Hérault où plus de la moitié la production agricole disparaîtrait.

Les agriculteurs de l'Hérault disent "non" à un texte étudié par les ministères de l'Agriculture et de l’Environnement, qui viserait à restreindre l'usage des produits phytosanitaires agricoles.

Jusque là, la restriction d'utilisation de ces produits s'imposait uniquement aux alentours des cours d'eau. Le prochain arrêté prévoit d'interdire de traiter à 50 mètres des bordures des parcelles, à proximité des fossés, bosquets, bois et habitations. Il préconise "zéro traitement" avec des produits phytosanitaires, même homologués et biologiques.

Les terres cultivables pourraient être réduites de 60% dans l'Hérault et de moitié en France.

L'Hérault, département le plus touché par cette nouvelle mesure

Les agriculteurs et viticulteurs seront durement touchés, comme Samuel Masse, un jeune cultivateur de Saint-Bauzille-de-Montmel. Ses 20 hectares de vignes et d'oliviers seraient menacés si ce nouveau texte voyait le jour. Il pourrait perdre 60% de son exploitation : il ne lui resterait plus que sept hectares à cultiver.

"C'est une catastrophe pour moi. C'est même impensable. Qu'est-ce que je vais faire après ?"

Samuel Masse pourrait perdre 60% de son exploitation. - Radio France
Samuel Masse pourrait perdre 60% de son exploitation. © Radio France - Djabari Morad

L'Hérault serait en effet le département le plus touché par cette nouvelle mesure. La majorité des parcelles agricoles sont bordées de bosquets, de bois, mais surtout de fossés, indispensables pour évacuer les eaux de pluies en cas de gros orages.

Michel Despey, président de la chambre d'agriculture de l'Hérault, affirme que si ce texte était ratifié par les parlementaires, ce serait signer "l'arrêt de mort" de l'agriculture dans l'Hérault.

"Un tel projet nous ferait perdre la moitié de notre production agricole."

Les agriculteurs de l'Hérault tirent la sonnette d'alarme

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