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Agriculture - Pêche

Les agriculteurs de la Loire au bout du rouleau, entre agribashing et sentiment de "harcèlement moral"

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Rassemblés ce mardi dans le Roannais, la FDSEA de la Loire et les Jeunes Agriculteurs annoncent un automne socialement agité pour que les politiques, le grand public et les médias saisissent bien la portée de la situation, "catastrophique" selon eux.

Le coup de gueule de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs.
Le coup de gueule de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs. © Radio France - DV

Mably, France

Roanne accueillera ce weekend la Fête du Charolais, un grand rassemblement d'agriculteurs mais les paysans de la Loire n'ont pas du tout le gout à la fête ni au sourire. Entre la météo désastreuse de ces derniers mois, le cours de la viande en chute libre, des traités internationaux qui favorisent les importations étrangères, ils se sentent écrasés. 

On réagira, quelquefois violemment.                
- Gérard Gallot, président de la FDSEA dans la Loire

Sans compter l'agribashing. Des attaques sur l'image même des agriculteurs, issues notamment des vegans ou des militants animalistes. Des critiques qui finissent de mettre la profession au bord du gouffre assure Gérard Gallot, le patron de la FDSEA dans la Loire : "C'est très difficile à vivre dans le contexte actuel. Nos éleveurs ne maltraitent pas les animaux mais une partie de la société à pris de la distance par rapport à nous. Ce n'est pas parce que nos animaux vont à abattoir qu'on ne les aime pas. Il y en ras le bol. Il y a des messages à faire passer mais pas ceux, à charge, qui nous empêchent de remonter le moral de nos agriculteurs. On réagira, quelquefois violemment, parce que nos agriculteurs sont exaspérés."

"Un harcèlement moral"

Les éleveurs craquent et c'est une profession qui se dit au bord du gouffre. Le président de la chambre d'agriculture va même jusqu'à dire que la profession vit "son Germinal". La fin d'une ère car bientôt plus rien ne sera pareil alors que la moitié des agriculteurs partiront à la retraite dans 10 ans. Les éleveurs ont le couteau sous la gorge constate Bertrand Lapalus, éleveur à Mably près de Roanne : "Je suis inquiet. C'est la crise quand je regarde les commandes de paille. Il n'y en pas énormément. Ce n'est pas que les gens n'en ont pas besoin, c'est qu'ils n'ont pas les moyens de la payer. Que faire ? Vendre des animaux ? Acheter du fourrage ? Sachant que la dépense pour nourrir les animaux est supérieure au prix de vente". Un quotidien stressant, usant, auquel s'ajoute cet agribashing que ne supporte plus Raoul Junet, lui aussi éleveur à Mably : "On se demande si notre métier a vraiment de l'avenir avec tout ce qu'on entend dans les médias. Pourquoi on se lève ? Ça nous remet un coup au moral, sans même regarder le fond de grange qui s'approche de plus en plus. Je dirais que c'est un harcèlement moral".

Des mois de trous dans la trésorerie à cause de la sécheresse

Les mots sont forts et viennent en écho au fléau qui frappe la profession : les suicides d'agriculteurs désespérés. Être paysan aujourd'hui c'est naviguer sans cesse dans l'incertitude, comme quand l'exploitation est touchée par une mauvaise météo. Exemple avec la sécheresse qui donne lieu à des dossiers de calamité agricole. La sécheresse a des effets immédiats sur les culture, sur le fourrage à disposition, sur les finances donc. Mais pour recevoir une indemnisation il faut être patient. Les débats ne peuvent être évalués qu'en fin de saison. La procédure administrative est longue et n'ouvre des droits aux indemnisations, au mieux, que dans 6 mois.  

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