Agriculture – Pêche

CARTE INTERACTIVE - Les agriculteurs du Grand Ouest en ordre de bataille contre Lactalis à Laval

Par Faustine Mauerhan, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel, France Bleu Loire Océan, France Bleu Maine, France Bleu Mayenne et France Bleu lundi 22 août 2016 à 6:00

Déjà l'été dernier, les agriculteurs de Mayenne avaient manifesté devant le site de Lactalis.
Déjà l'été dernier, les agriculteurs de Mayenne avaient manifesté devant le site de Lactalis. © Maxppp - Thomas Brégardis

Du Finistère à la Vendée, les agriculteurs de l’Ouest se sont organisés pour tenir le siège du rond-point d’accès au site Lactalis de Laval, à partir de ce lundi soir. Ils resteront jusqu’à jeudi, peut-être vendredi, à moins que le groupe accepte de revoir le prix du litre de lait.

Pas de trêve dans la bataille des agriculteurs contre les gros groupes industriels en pleine crise agricole. Si cet été, ils n’ont pas bloqués les grands monuments touristiques (comme le Mont-Saint-Michel l’année dernière), les producteurs laitiers comptent faire une rentrée tonitruante, ce lundi soir, à Laval. A l’appel de la FDSEA de la Mayenne, les agriculteurs de tout l’Ouest de la France lancent un siège du rond-point d’accès à Lactalis, numéro 1 mondial du lait et ennemi commun.

Des tours de garde pour occuper le rond-point nuit et jour

Les agriculteurs de la Mayenne lanceront l’assaut ce lundi à 21h en installant un camp sur le rond-point dit "du zoom", au nord-est de Laval, celui qui permet d’accéder au site de Lactalis. Ils tiendront le siège toutes les nuits aussi. Pour les relever, les fédérations départementales de Bretagne, de Normandie et des Pays de la Loire ont pris chacun des tours de garde. Le Morbihan et le Maine-et-Loire le mardi de 9h à 21h. Le Finistère, les Côtes-d’Armor et l’Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique assureront la garde de mercredi. La Sarthe et la Vendée le jeudi. La suite sera définie en fonction de la mobilisation.

Un bus réservé dans les Cotes-d’Armor, les céréaliers par solidarité en Vendée

Pas facile justement de mobiliser. C’est l’été, les moissons sont finies, les fêtes agricoles battent leur plein et les agriculteurs en profitent pour se reposer un peu. Surtout aussi, beaucoup n’ont plus ni la foi, ni la force de se battre, expliquent les animateurs syndicaux. Mais quand même, plusieurs dizaines d’agriculteurs au moins pour chaque département, ont prévus de faire le déplacement. Dans les Côtes-d’Armor, la FDSEA 22 a même loué un bus. En Vendée par exemple, des céréaliers et des éleveurs vont faire la route par solidarité.

La riposte de Lactalis

Car Lactalis représente tout ce que les filières agricoles dénoncent depuis des années : ces groupes industriels agro-alimentaires qui font pression sur les agriculteurs et refusent de renégocier les prix. D’habitude très silencieux, Lactalis s'est cette fois senti obligé de répliquer et condamne, dans un communiqué, l’action des laitiers du grand Ouest : "pris pour cible par le syndicalisme agricole comme unique responsable d’une crise laitière profonde et durable, le groupe Lactalis veut rappeler que cette crise est d’abord une crise de surproduction", explique le géant mondial qui estime être "l’entreprise de transformation qui traite le plus d’excédents."

Lactalis "ce sont des gens qui ne sont pas corrects !"

Evidemment, c'est un autre son de cloche dans les exploitations. D'ailleurs Hervé Trichet, producteur laitier à Legé en Loire-Atlantique a décidé de leur tourner le dos. "On a voulu rester avec eux pour profiter de leur image de marque, raconte ce propriétaire de 80 vaches laitières, mais on a l'impression qu'ils méprissent leurs producteurs parce que d'un côté ils disent qu'ils n'ont plus d'argent et de l'autre, toutes les semaines ils rachètent une entreprise. Ils ne sont pas devenus les numéros 1 mondiaux pour rien. Ce sont des gens qui ne sont pas corrects. Ils essayent toujours de voir ceux qui pratiquent les prix les plus bas dans le marché et ils s'adaptent à ça. Ils préféreront faire venir du lait d'Allemagne s'il y a besoin. Ils savent qu'on fait du bon lait mais ils n'en n'ont rien à fiche. Devant tant d'arrogance, je ne resignerai pas avec eux."

Hervé Trichet : "Ils méprissent leurs producteurs."

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