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Agriculture - Pêche

Les agriculteurs rassemblés devant la prison de Brest pour dénoncer leur "traitement comme des criminels"

"La place des agriculteurs est-elle en prison ou dans les champs ?" : c'est ainsi que les éleveurs veulent interpeller le gouvernement et les consommateurs. Un rassemblement avait lieu ce mardi devant la maison d'arrêt de Brest pour dénoncer les critiques permanentes dont ils se disent victimes.

Quatre tracteurs ont été garés symboliquement devant la maison d'arrêt de Brest
Quatre tracteurs ont été garés symboliquement devant la maison d'arrêt de Brest © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Brest, France

Une cinquantaine d'agriculteurs finistériens se sont rassemblés devant la maison d'arrêt de Brest ce mardi midi pour dénoncer l'agri-bashing dont ils s'estiment victimes. "Puisqu'on nous traite de menteurs, de voleurs, de pollueurs, ils veulent peut-être qu'on aille en prison", lâche Cyril, producteur laitier. Comme la plupart de ceux qui ont fait le déplacement, il dénonce la sensation d'être pointé du doigt en permanence, au point qu' il envisage de céder son exploitation pour se reconvertir.

"Ras-le-bol"

"C'est un ras-le-bol général, on est critiqués en permanence, explique Julien, qui travaille dans un élevage de veaux. Même les maires des petites communes ne nous suivent plus alors que les fermes étaient les piliers de la ruralité". La multiplication des arrêtés anti-pesticides dans certaines communes, comme dans la sienne, passe mal. "On fait de l'agriculture de pointe, insiste-t-il. Nos anciens ont été mal orientés, mais aujourd'hui _on utilise les produits à la goutte près, on ne fait pas n'importe quoi_".

Tout ce qu'on veut maintenant, c'est casser du paysan. On a toujours l'image du tracteur avec le pulvérisateur.

La dernière vidéo de l'association anti-élevage L214, mettant en cause des élevages de veaux finistériens, fait aussi beaucoup réagir. Martine, qui travaille dans la filière, envisage d'ouvrir davantage les portes de son exploitation. Sans grande conviction : "peut-être que ça ne suffit pas car ce sont toujours les paysans qui viennent aux opérations portes ouvertes, pas les gens qui regardent les vidéos des associations comme L214"

Agressions verbales et physiques

Les intrusions dans les exploitations sont sa hantise. "Ça touche toute la famille, on entre chez eux en pleine nuit", souffle-t-elle. "Ces attaques sont individuellement insupportables, donc on doit réagir de façon collective, estime Jean-Alain Divanac'h, président de la FDSEA du Finistère. Les agressions directes et les remises en cause brutales ne peuvent que contribuer à exacerber le sentiment d'être pointés du doigt par la société"

Les représentants des syndicats agricoles expriment un ras-le-bol de l'agri-bashing - Radio France
Les représentants des syndicats agricoles expriment un ras-le-bol de l'agri-bashing © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

"L'agri-bashing a de gros effets sur nos vies de famille, nos salariés, ça démotive certains jeunes pour s'installer comme agriculteurs", déplore Alexandre Castrec, membre des Jeunes Agriculteurs du Finistère. On demande au gouvernement des mesures fortes pour condamner les intrusions et les agressions verbales voire physiques envers nous".

"Un manque d'écoute"

Les syndicats agricoles ont aussi la sensation de ne pas être entendus par le gouvernement. "Avec les états généraux de l'alimentation l'an dernier, _on nous a promis de pouvoir vivre d'un juste prix. Cet engagement n'a pas été tenu_", constate Stéphane Cornec, président des Jeunes Agriculteurs finistériens. "Nous avons besoin de gagner notre croûte, tout simplement", acquiesce Jean Alain Divanac'h.

L'objectif pour eux est aussi de regagner la confiance des consommateurs. "Il faut expliquer comment on fait les choses au quotidien à ceux qui veulent bien chercher à comprendre", estime le président de la FDSEA. On fait face à des _remises en cause profondes de notre métier_. Nous sommes fiers chaque matin d'aller soigner nos cultures et nos animaux, mais avec un moral en berne, ça devient difficile".

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