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Agriculture – Pêche

Les agriculteurs sarthois craignent l'importation massive de viandes sud-américaines

mardi 28 novembre 2017 à 16:47 Par Yann Lastennet, France Bleu Maine

Une dizaine d'agriculteurs ont manifesté ce mardi au Mans. Ils craignent les conséquences d'un possible accord commercial entre l'Europe et l'Amérique du Sud. Un accord qui permettrait l'importation de viande bovine sud-américaine dans l'UE. Une concurrence déloyale selon les éleveurs français.

Faible mobilisation des agriculteurs sarthois pour dénoncer le possible accord commercial entre l'Union européenne et les pays d'Amérique du Sud
Faible mobilisation des agriculteurs sarthois pour dénoncer le possible accord commercial entre l'Union européenne et les pays d'Amérique du Sud © Radio France - yann lastennet

Le Mans, France

L'accord avec le Mercosur prévoit l'importation de 70 000 tonnes de viande par an dans l'Union européenne ( en plus des 68 000 tonnes en provenance du Canada après l'accord signé avec le CETA). Les agriculteurs sarthois craignent donc un effondrement des cours, notamment pour les "morceaux nobles", les pièces de viande les plus rémunératrices. "Dans un bovin, il y a, à peu près, 70% de la marge qui est faite sur les bons morceaux : entrecôte, faux filets" explique Laurent Bordeau, éleveur de vaches à Coulans-sur-Gée. Selon lui, " les Sud-américains consomment essentiellement les bas-morceaux. Ils pourraient donc exporter en Europe les parties nobles ce qui ferait baisser les prix". Et les éleveurs français ne pourront pas s'aligner car ils sont soumis à des règles de production beaucoup plus strictes et à une main d'oeuvre plus chère. Résultat : leur coût de production est de 20 à 50% plus élevé que ceux de leurs homologues sud-américains.

Laurent Bordeau élève une quarantaine de vaches à Coulans-sur-Gée. Il craint que cette importation massive de viande sud-américaine ne fasse chuter les prix

Une concurrence déloyale

Eric Naveau, lui, dénonce une concurrence déloyale. "Les viandes sud-américaines sont produites avec des normes moins rigoureuses que celles que l’on respecte en France sur l’environnement, la sécurité sanitaire, le bien-être animal. Les éleveurs du Mercosur utilisent des hormones de croissance, des OGM, les farines de viandes animales, des antibiotiques en guise d'activateur de croissance. Tout cela est interdit en France. Il n' y a pas de traçabilité imposée (juste volontaire), alors qu'elle est obligatoire en France".

Eric Naveau, éleveur à Brains-sur-Gée, dénonce une concurrence déloyale de la part des producteurs sud-américain qui ne sont pas soumis aux mêmes règles sanitaires que les Français

"Le consommateur ne pourra pas choisir. Il ne trouvera pas cette viande dans les grandes surfaces où l'origine du produit est obligatoirement inscrite sur les étiquettes. explique Jean Daniel Etiemvre, responsable section viande bovine de la FDSEA de la Sarthe. "Cette viande sera servie dans les hôpitaux, dans les cantines, en restauration collective, sans que le consommateur sache ce qu'il a dans son assiette". Selon les agriculteurs français, cette concurrence déloyale pourrait entraîner la disparition de 20 000 à 30 000 emplois dans l'UE. Pour l'instant aucun accord n'a été passé entre l'union européenne et le Mercosur. Mais le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, dit vouloir "tout faire" pour conclure cet accord avant fin 2017. En contrepartie, le marché sud-américain ouvrirait ses portes aux constructeurs automobiles européens et donc français. Selon Jyrki Kataine, le vice-président de la Commission, "la France serait l'un des plus grands bénéficiaires de cet éventuel accord. Cela donnerait des opportunités à l'industrie française et aussi à son secteur agricole". Les éleveurs bovins sarthois ne sont pas de cet avis.