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Agriculture - Pêche

Les agriculteurs sont-ils mal-aimés ? Ce qu’en pense un jeune agriculteur côte-d’orien

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Par , France Bleu Bourgogne

Les agriculteurs mènent cette semaine des actions dans toute la France à l'appel de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs. Baptiste Colson sera parmi les manifestants. Jeune agriculteur à Moloy, il témoigne du sentiment « d’agri-bashing » dont sa profession se sent victime.

Baptiste Colson s'occupe notamment d'un troupeau de vaches laitières, de la race brune
Baptiste Colson s'occupe notamment d'un troupeau de vaches laitières, de la race brune © Radio France - Jacky Page

La FNSEA et les jeunes agriculteurs appellent à manifester dans toute la France contre la pression fiscale, "l'agri-bashing", et pour réclamer une meilleure rémunération des agriculteurs. En Conseil des ministres, le gouvernement doit ce 12 décembre présenter les ordonnances de la loi Alimentation qui relèvent le seuil de vente à perte, et encadrent les promotions sur les produits alimentaires dans les grandes surfaces. Il s'agit de dégager un meilleur revenu pour les producteurs. 

Mais pour ceux-ci, le compte n'y est pas. L'Assemblée nationale examine en effet cette semaine une hausse de la redevance pour pollution diffuse. Une taxe qui va coûter cher aux agriculteurs, entre 3.500 et 5.000 euros par an, selon les estimations syndicales. Mais ce n’est pas tout, le malaise du monde agricole s’exprime aussi dans ce qu’il appelle « l’agri-bashing ». Un dénigrement systématique, notamment pour l'usage de pesticides.

"L'agriculture a toujours su s'adapter"

Baptiste Colson a 27 ans. Il est installé en GAEC élevage et polyculture avec son cousin, son père et son oncle.  La ferme de Labergement, à Moloy, produit colza, blé, orge, pois, soja, luzerne, maïs. Elle a aussi un troupeau de 300 bovins dont 120 vaches laitières, installées dans une étable ultra moderne, avec traite automatisée en libre-service pour les animaux.

Autre innovation : un laboratoire où une partie du lait de la ferme est transformée en crèmes glacées, faisselles, crème, beurre, fromage frais. Cette valorisation permet de dégager un meilleur revenu, alors que les cours du lait permettent tout juste de couvrir les charges de production.

L'agriculture, assure Baptiste Colson, a toujours su s'adapter : « que ce soit la crise du lait, on s’adapte avec la transformation, ou au niveau des céréales. On a toujours su aussi s’adapter, ici, on a toujours été dans une démarche de réduction des intrants, notamment des produits phyto-pharmaceutiques ».

l'indispensable et controversé glyphosate

Qu’en est-il du glyphosate, plus connu des particuliers sous le nom de Round-Up, produit soupçonné d’être cancérigène, et dont la France s’est engagée à sortir d’ici 2021 ? Alors que les industriels affirment qu’il n’existe pas d’alternative crédible et peu coûteuse à cet herbicide, Baptiste Colson reconnaît qu’il aurait du mal à s’en passer, et que cela mettrait à mal une pratique environnementale mise en œuvre sur l’exploitation : 

« on est dans une agriculture où on ne va plus travailler les sols. On a un semoir qui nous permet d’implanter des cultures directement. En ne travaillant plus le sol, on stocke beaucoup de carbone, on ne perturbe pas la vie microbienne des sols, on a un meilleur taux de matières organiques, donc une meilleure fertilité. On a un rééquilibrage entre les insectes auxiliaires et les prédateurs, donc on utilise moins d’insecticides ». Mais dans cette façon de travailler, il y a des couverts végétaux entre chaque culture. Pour les détruire avant de nouveaux semis, on a recours au glyphosate. « Si on n’a plus ça, on va être obligé de ressortir la charrue », explique le jeune agriculteur.

"Le glyphosate, on veut nous l'interdire, alors qu'on ne l'utilise pas sur les cultures, uniquement en interculture. Et aujourd'hui, on voit qu'on signe des accords commerciaux avec des États, et on va importer des graines telles que le soja ou le maïs, qui elles ont été traitées en plein champ avec du glyphosate".

"On se fait taper dessus"

Aujourd'hui, Baptiste Colson se sent incompris : « ce qui est malheureux, c’est qu’aujourd’hui on se fait un peu taper dessus, et puis on va vers une transition environnementale, énergétique, alors que nous on est en plein dedans depuis des années. On a l’impression qu’on nous force un peu la main et qu’on ne met pas en avant tout ce qu’on a fait ».

Un exemple ? l’IFT, l’indice de fréquence des traitements. Depuis 15 ans, il a beaucoup baissé sur la ferme du GAEC : « aujourd’hui on utilise le désherbage mécanique, on a des rotations plus longues, on implante des couverts entre cultures. On met en œuvre plein de petites choses qui  font qu’on arrive à réduire notre IFT. » Les doses d’intrants sont réduites, et l’IFT moyen de l’exploitation suit le mouvement. « Si un produit a une dose homologuée de 1, nous on va plutôt être à 0,3 ».

Pour ne pas polluer l'eau, des progrès ont aussi été réalisés : « on est en zone vulnérable et on a quelques zones de captage, donc on a dû adapter nos pratiques. Par exemple pour les zones vulnérables, on limite nos apports d’engrais, azotés notamment. On ne laisse jamais le sol nu entre deux cultures, on met toujours des intercultures pour essayer de capter l’azote du sol et éviter les lessivages ».

« On ne demande pas une reconnaissance particulière", conclut le jeune agriculteur, "mais c'est bien de pouvoir le mettre en avant, et montrer qu'on fait des efforts. »

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