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Agriculture – Pêche

Les apiculteurs sarthois sont inquiets face à la surmortalité hivernale de leurs abeilles

jeudi 3 mai 2018 à 19:53 Par Clémentine Vergnaud, France Bleu Maine

Les apiculteurs de la Sarthe sont confrontés à une mortalité particulièrement importante de leurs abeilles cette année. Certains ont perdu la quasi-totalité de leurs ruches. Impossible pour l'heure de savoir ce qui a causé autant de dégâts dans les élevages.

Pascal Foucher, apiculteur dans le nord de la Sarthe, examine la ruche d'une apicultrice amateure.
Pascal Foucher, apiculteur dans le nord de la Sarthe, examine la ruche d'une apicultrice amateure. © Radio France - Clémentine Vergnaud

Sarthe, France

Les apiculteurs de la Sarthe sont inquiets. Cette année, la fin de l'hivernage des abeilles a été pour certains catastrophique avec une forte surmortalité. Beaucoup de colonies n'ont pas réussi à se renouveler et quelques apiculteurs ont même tout perdu. L'Union syndicale apicole sarthoise (Usas) évoque une moyenne de 60% de pertes pour les apiculteurs professionnels. Le groupement de défense sanitaire des abeilles (GDSA) de la Sarthe évoque de son côté des pertes de l'ordre de 30%.   C'est principalement le nord du département qui est touché (Bonnetable, Mamers, etc.). Les apiculteurs ne parviennent pas à déterminer la cause de cette surmortalité. 

Sur mes quatorze ruches, huit sont passées à la trappe

Derrière son magasin situé à Saint-Germain-sur-Sarthe, Pascal Foucher ouvre une ruche d'un air dépité. "On retrouve du miel, ce n'est pas un problème. Mais il n'y a plus d'abeilles." Effectivement, les cadres sont pleins du nectar doré mais beaucoup de larves pondues par la reine sont en décomposition. Cet apiculteur installé depuis 15 ans a vu beaucoup de ruches de ce type ces dernières semaines. "J'ai un rucher en forêt qui réunit toutes les conditions idéales pour hiver. Sur mes quatorze ruches, huit sont passées à la trappe."

La reine de la ruche de cette apicultrice amateure a été retrouvée morte sur l'un des cadres. - Radio France
La reine de la ruche de cette apicultrice amateure a été retrouvée morte sur l'un des cadres. © Radio France - Clémentine Vergnaud

Au total, pour celui qui a repris le flambeau familial (chez les Foucher, on est apiculteur de père en fils depuis quatre générations), c'est une perte de 30% des ruches. "L'apiculture, c'est notre vie, notre deuxième famille. C'est comme une école dans un village : s'il n'y a plus d'enfants, c'est triste. Pour nous, c'est pareil." Certains de ses collègues enregistrent des pertes encore plus importantes, de 80 à 100% de leur colonies. Quelques professionnels de la Sarthe ont même déjà prévu d'arrêter leur activité, d'après le président du GDSA, Fidel Zannou. 

Impossible de mettre le doigt sur une cause précise

Pascal Foucher fait de l'élevage : chaque année, il produit 500 reines et 150 essaims. Il produit également un peu de miel, ce qui représente environ 15% de son activité. Mais l'apiculteur a aussi un magasin de vente de matériel et propose des formations pour les apiculteurs qui souhaitent se lancer. Depuis deux ans, il a même mis en place l'installation de ruches en entreprise. De quoi lui permettre de limiter la perte de chiffre d'affaires à 20% de son activité. "Le fait d'avoir plusieurs cordes à son arc nous permet de survivre. Aujourd'hui, un apiculteur qui s'installe uniquement en production a du courage. Il faut se diversifier pour pouvoir faire quelque chose." 

Les élèves du rucher école de la Sarthe participent à la fabrication d'un essaim.  - Radio France
Les élèves du rucher école de la Sarthe participent à la fabrication d'un essaim. © Radio France - Clémentine Vergnaud

Le plus dur d'après cet apiculteur de 37 ans fasciné par les abeilles depuis qu'il est tout petit, c'est de ne pas savoir ce qui a causé de telles pertes. "J'ai fait des tests sur l'âge des reines, sur les emplacements, les courants d'air dans les ruches, les différentes entrées, la techniques, l'habitat, les lieux... Il n'y a pas de point commun entre les pertes." La mortalité est en effet multi-factorielle et difficile à déterminer : "Les pesticides, la dégénérescence, le frelon asiatique, on connaît ces facteurs", explique Jean-Claude Rousselle, membre du conseil d'administration de l'Usas et responsable du rucher école de la Sarthe. "Mais le quatrième facteur, celui qui fait déborder le vase et qui provoque les plus grosses mortalités, pour l'instant on ne le connaît pas."

Une partie de la solution sera peut-être apportée dans les mois qui viennent par l'Observatoire des mortalités et des affaiblissements de l'abeille mellifère (Omaa). Lancé au début de l'année, il a pour but de récolter des données et réaliser une étude épidémiologique dans la région des Pays de la Loire et en Bretagne.