Agriculture – Pêche

Les canards en colère veulent soutenir les petits éleveurs de la filière du gras

Par Leila Benjelloun, France Bleu Béarn, France Bleu Gascogne et France Bleu Pays Basque dimanche 24 janvier 2016 à 18:17

Un groupe de soutien à la filière gras vient de se créer sur Facebook
Un groupe de soutien à la filière gras vient de se créer sur Facebook

Plus de 1700 personnes ont rejoint le groupe "Les canards en colère" créé il y a moins d'une semaine, le 19 janvier, sur Facebook. Son fondateur, fils et neveu d'agriculteur, veut faire entendre la voix des petits éleveurs et mobiliser tous ceux qui veulent soutenir la filière.

Le groupe "Les canards en colère" a été fondé le 19 janvier sur Facebook. Moins d'une semaine plus tard, ils sont déjà plus de 1700 à y avoir adhéré.

Son fondateur, Lionel Candelon, dirige une entreprise spécialisée dans le bâtiment à Estirac dans les Hautes-Pyrénées. Il n'est pas donc pas éleveur mais son père et son oncle ont des exploitations dans le Gers. Voyant leur détresse et celle de leurs collègues, les petits éleveurs comme il dit, il a décidé d'agir à son niveau pour tenter de sensibiliser l'opinion publique. Le groupe veut mobiliser tous ceux qui soutiennent la filière du gras dans les 18 départements touchés par les mesures gouvernementales de lutte contre la grippe aviaire

"C'est la mort assurée de centaines d'exploitations et des drames humains à venir, on ne veut pas ça !"

"On veut que même les petits acteurs de chaque département soient entendus et qu’on arrête de lancer des mesures qui vont tuer l'agriculture dans notre pays. Si la seule solution c'est le vide sanitaire, on est prêt à l'appliquer mais qu’on mette d’abord en place les indemnisations. Comme les caisses de l’État sont vides, comment va-t-on faire ? C'est la mort assurée de centaines d’exploitations dans le sud-ouest et des drames humains qui sont surs d’arriver et nous on ne veut pas ça !" explique Lionel Candelon. 

Les canards en colère ont rédigé une lettre ouverte à Stéphane Le Foll pour lui demander l'abrogation de l'arrêté du 18 janvier 2016. Le texte prévoit l'instauration d'un vide sanitaire dans 18 départements : pendant 4 à 8 semaines, il n'y aura plus aucun canard dans le sud-ouest. La durée du vide sanitaire ainsi que les mesures de compensation à destination des éleveurs doivent être fixées mardi lors d'une réunion au ministère de l'Agriculture avec les professionnels de la filière.

"Si mardi, l'arrêté est officialisé, ce qu'il se passe aujourd'hui en Bretagne va se passer dans tous le sud-ouest"

Dans sa lettre ouverte, le groupe prévient le ministre que s'il n'est pas entendu, il est prêt à passer à l'action. "Si mardi, l'arrêté est officialisé, on mettra en place des plans d'actions qui vont arriver à partir de mercredi et ce qu'il se passe aujourd'hui en Bretagne va se produire dans tout le Sud Ouest. Car il faut se rendre d'une chose, c'est que les gens qui vont tout perdre, n'ont plus rien à perdre" prévient Lionel Candelon.

Parallèlement, une pétition intitulée "Je suis canard" a été mise en ligne sur internet.