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Le centre d'engraissement de Saint-Martial-le-Vieux peine à trouver un équilibre financier

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Par , France Bleu Creuse, France Bleu Limousin

Cinq ans après ses débuts agités, le centre d'engraissement de Saint-Martial-le-Vieux a des soucis financiers. La structure est déficitaire, à cause notamment des très faibles prix de la viande. Mais les agriculteurs ne baissent pas les bras. Ils envisagent des évolutions pour rebondir.

La ferme de Saint-Martial peut accueillir 800 bovins
La ferme de Saint-Martial peut accueillir 800 bovins © Radio France - Marc Bertrand

Les ennuis continuent pour le centre d'engraissement de Saint-Martial-le-Vieux. Après avoir été freinée à ses débuts par un incendie et une forte opposition des associations anti-viande, la ferme est aujourd'hui en déficit. Les finances de la structure seraient plombées par le faible prix de la viande de bœuf. Pour ses porte-parole, la situation de la ferme de St Martial est symptomatique des difficultés de la profession.

La situation du centre d'engraissement :  "ni pire, ni meilleure" que les autres fermes

Le centre d'engraissement de Saint-Martial-Le-Vieux a été créée en 2016 par un groupement d'une cinquantaine d'éleveurs creusois et corréziens qui souhaitaient engraisser de jeunes broutards sur le territoire, plutôt que de les envoyer en Italie par exemple. Le site peut accueillir 800 bovins. 

De jeunes broutards de race limousine
De jeunes broutards de race limousine © Radio France - Camille André

A sa création, la structure a été imaginée pour faire des économies d'échelles. Mais aujourd'hui, Gilbert Mazaud, éleveur à Clairavaux et fondateur du site reconnait : "il y a quand même quelques difficultés"

Actuellement, le coût de la production d'un kilo de viande bovine s'établit à près de 4,20 euros. Mais le prix de la viande est moins élevé. Le centre d'engraissement, qui bénéficie d'un contrat de filière, vend le kilo de viande bovine à 3,96 euros le kilo

Un déficit se creuse et les années passant, il s'amplifie.

Le montant exact du déficit n'est pour autant pas dévoilé. Pour Pierre Chevalier, le président de Haute-Corrèze Communauté, une collectivité partenaire, le contexte de la ferme de St Martial est "rigoureusement identique sur le plan économique au contexte de la production de viande bovine en France". Pour lui, la situation n'est "ni pire, ni meilleure" que dans les autres fermes. 

Les deux hommes balaient aussi les rumeurs qui voudraient que le centre d'engraissement de Saint-Martial serait en difficulté car certains éleveurs y enverraient leurs bêtes les moins belles

Des pistes pour devenir plus compétitifs

Les agriculteurs du centre d'engraissement de Saint-Martial ne baissent pas les bras. "Nous n'étions pas engraisseurs dans l'âme. Cette ferme, on l'a qualifiée d'expérimentale. Ca veut dire qu'on se cherche un brin", admet Gilbert Mazaud. 

La ferme de Saint-Martial étudie différentes pistes pour devenir plus compétitive
La ferme de Saint-Martial étudie différentes pistes pour devenir plus compétitive © Radio France - Camille André

Ils sont en train d'étudier les postes de dépenses pour tenter de les réduire. Charges de structure, masse salariale, coût de la ration "tout est regardé de près, rien ne sera laissé au hasard", indique Gilbert Mazaud, même s'il se heurte déjà à certaines difficultés, liées à la hausse du prix des céréales

c'est très difficile de faire évoluer le coût de la ration, dans un contexte de flambée des prix des matières premières

La ferme de Saint-Martial pourrait aussi se lancer dans la production de génisse, au lieu de concentrer uniquement sur les broutards : " La jeune génisse est prisée et consommée dans la vallée du Rhône et en Italie. On va diversifier nos productions pour correspondre au marché", explique Pierre Chevalier. 

A LIRE AUSSI : Les éleveurs de la Ferme de Saint-Martial passent à l'offensive sur internet

Le centre d'engraissement de Saint-Martial aimerait aussi développer des partenariats avec certaines filières d'approvisionnement et d'alimentation

La filière est-elle à un point de rupture? 

La situation économique du centre de Saint-Martial interpelle néanmoins. En effet, cette structure a été conçue pour réduire les coûts de production. Aujourd'hui encore les agriculteurs à l'initiative du projet le présentent comme un véritable "laboratoire", avec des panneaux photovoltaïques, une unité de méthanisation, un contrat signé avec un abatteur pour assurer un prix de vente de la viande plus avantageux. "Tout a été optimisé. C'est le modèle économique qui ne va pas", tranche Pierre Chevalier.

Si la ferme de Saint-Martial ne fonctionne pas, ça veut dire qu'on ferme tous les élevages en France. 

Pierre Chevalier ne voit qu'une solution : " il faut que la loi égalim soit appliquée dans son intégralité". Sinon, il craint que l'élevage français ne meure à petit feu: "Si nous ne faisons rien, demain, l'Europe sera obligée d'importer de la viande bovine en provenance d'Amérique du Sud, d'Australie ou du Canada", où les conditions de productions sont généralement beaucoup plus intensives. 

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